
La France est-elle protégée et assez dotée en armes nucléaires pour parer à toute agression ? Sur LCI, Louis Sarkozy n’a pas remis en cause la posture française, mais a appelé à «développer» et «renouveler» ses stocks d’armes nucléaires. Est-ce nécessaire ? C’est à cette question que le chercheur associé à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS), Etienne Marcuz, a répondu à nos confrères de Marianne. Il a d’abord rappelé ce qu’était la doctrine de stricte suffisance nucléaire permettant au pays de détenir à ce jour 300 têtes nucléaires plus ou moins opérationnelles.
Si la doctrine peut évoluer «en fonction du contexte international et de l'évolution de la technologie» notamment, le chercheur rappelle que ces 300 têtes peuvent faire «des dégâts énormes». Comparant cet armement à celui qui a rasé Hiroshima en 1945, Etienne Marcuz rappelle qu’il y a «cinq fois plus» d’armes sous les sous-marins et «30 fois plus» sur les avions. Et en plus, il y en a 300 ! Pour lui, il y a «la masse suffisante».
Une alliance avec le Royaume-Uni, l’Allemagne et la Pologne
Toutefois, en cas d’événement exceptionnel, ce nombre de têtes nucléaires pourrait être augmenté virtuellement, insiste-t-il dans Marianne, plébiscitant une alliance avec les Britanniques. Pour rappel, seuls deux pays en Europe disposent de l’arme nucléaire : la France et le Royaume-Uni (d’autres peuvent en héberger sur leur territoire dans le cadre de l’OTAN).
A ce jour, il n’y a qu’un sous-marin nucléaire français en mer. Or, selon le chercheur associé à la FRS, même s’il est réputé invulnérable et indétectable en mer, la donne a quelque peu changé depuis le désengagement américain. «La Russie pourrait être tentée de se focaliser désormais sur la France et le Royaume-Uni», décrypte-t-il. Dans ce cadre, «un seul en permanence à la mer est un poil risqué», ajoute-t-il.
Etienne Marcuz plaide ainsi pour deux sous-marins en mer «en permanence», la France serait ainsi «quasiment invulnérable». Mais pour en avoir deux, il faut s’allier avec les Britanniques qui ont aussi leur sous-marin. Pour éviter d’énormes dépenses, le chemin passe donc par une alliance avec nos voisins d’outre-Manche, mais également la Pologne et l’Allemagne afin de bénéficier de bases aériennes et de «moyens de défense antiaérienne et antimissile», estime-t-il. La solution la plus rapide et la moins coûteuse.



















