TotalEnergies a annoncé mercredi la finalisation de son alliance dans le secteur des centrales à gaz avec EPH, groupe du magnat tchèque Daniel Kretinsky, qui devient l'un des premiers actionnaires du géant pétrolier français. L'opération, approuvée par la Commission européenne, «conduit à la création de TTEP, le 2e acteur européen de la production d'électricité flexible», derrière l'électricien allemand RWE, a souligné TotalEnergies dans un communiqué. Dans cette transaction, annoncée en novembre, TotalEnergies acquiert 50% d'une activité de production flexible d'électricité (centrales à gaz et à biomasse, batteries) appartenant à EPH, groupe détenu par M. Kretinsky, magnat de l'énergie, des médias et de la distribution.

La production d'électricité de cette entité a atteint près de 30 TWh en 2025 et la coentreprise vise 40 TWh en 2030. La transaction est valorisée à 5,1 milliards d'euros sous la forme de paiement en actions, «faisant ainsi d'EPH l'un des premiers actionnaires de la compagnie», avec environ 4% de son capital, selon TotalEnergies. L'acquisition porte sur un portefeuille de plus de 14 gigawatts (GW) de capacités brutes de production flexible, existantes ou en construction, en Italie, au Royaume-Uni, aux Pays-Bas, en Irlande et en France, auxquelles s'ajoutent 5 GW en développement.

TotalEnergie concurrence Engie

Elle permet à TotalEnergies, en doublant ses capacités, de devenir le troisième acteur européen de l'électricité «flexible», derrière son rival français Engie. L'opération s'inscrit dans la stratégie de TotalEnergies de construire, à côté du pétrole et du gaz, un «pilier» dans l'électricité produite à partir de sources renouvelables et de gaz. Ce segment représente aujourd'hui 10% de ses ventes d'énergies et pourrait atteindre environ 20% en 2030, avec des marchés prioritaires tels que l'Europe, les Etats-Unis et le Brésil.

En misant sur les centrales thermiques, TotalEnergies cherche à offrir une gamme complète à ses clients, combinant production électrique au gaz, pour répondre aux pics de demande, nucléaire en vertu d'un contrat passé avec EDF et batteries. Cette flexibilité vise à compenser l'intermittence des énergies renouvelables, tributaires du vent et du soleil, et à assurer une fourniture en continu, dont sont friands les centres de données très énergivores. Les renouvelables continueront de représenter 70% de la production électrique de TotalEnergies et le gaz 30%, a précisé le groupe.

Cette alliance a suscité des craintes en France, le syndicat CFDT craignant une remise en cause du projet de conversion au gaz de la centrale à charbon de Saint-Avold (Moselle). Celle-ci ne fait pas partie des actifs d'EPH transférés à la coentreprise, mais elle pourrait en rejoindre le périmètre si la conversion se confirmait, a-t-on indiqué chez TotalEnergies.