Patrick Pouyanné semble avoir peur des conséquences sur le long terme. Ce vendredi 24 avril, lors d’une intervention à la World Policy Conference organisée par l’Institut français des relations internationales (Ifri) à Chantilly, dans l’Oise, le patron de TotalEnergies a estimé que si rien ne changeait d’ici à «deux ou trois mois», «nous entrerons dans une ère de pénurie énergétique, comme celle que subissent déjà certains pays asiatiques». Selon lui, «on ne peut pas se permettre de laisser 20 % des réserves mondiales de pétrole et de gaz inaccessibles sans conséquences majeures».

«Tout dépend donc de la durée. (…) La résolution du problème du détroit d’Ormuz est un enjeu crucial», a ajouté Patrick Pouyanné, affirmant que TotalEnergies avait «perdu 15 % de (sa) production au Moyen-Orient» depuis le début du conflit. Il a ainsi appelé à effectuer de nouveaux investissements «probablement dans de nouveaux pipelines» pour réduire la dépendance à ce passage maritime stratégique par lequel transitent d’ordinaire 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié dans le monde.

La navigation dans le détroit d’Ormuz complètement paralysée

«Ce qui est sûr — et nous n’avons pas été très bons dans ce domaine — c’est que si nous investissons au Moyen-Orient, nous devons investir dans la résilience du système» et «constituer un réseau de pipelines», a-t-il martelé, avant de conclure : «Le fait qu’aujourd’hui, il n’y ait pas assez de voies de sortie du détroit d’Ormuz est un problème majeur».

Depuis le début de la guerre à la fin du mois de février, la navigation dans le détroit d’Ormuz est complètement paralysée par l’Iran, un blocus auquel s’ajoute celui décidé par Donald Trump sur les ports iraniens. Seuls quelques navires, en majorité liés à l’Iran, ont emprunté ce couloir stratégique pour les exportations d’hydrocarbures du Golfe.