
Engie, le géant de l’énergie du CAC 40, a fortement progressé en Bourse depuis début 2025. Malgré un environnement énergétique «bien moins favorable qu’en 2025», Antoine Fraysse-Soulier, analyste de marché pour eToro, fait valoir qu’Engie a débuté l’année «sur une trajectoire particulièrement solide», en dépit de comptes en berne au premier trimestre 2026. Le chiffre d’affaires du géant français de l’énergie du CAC 40 au premier trimestre 2026 a chuté de 11,6% et son EBIT hors nucléaire (le résultat opérationnel, ou bénéfice avant intérêts et impôts) a reculé de 8,4%.
Si ces chiffres peuvent à première vue inquiéter, l’analyste précise toutefois que cette baisse était «largement anticipée», compte tenu des niveaux «exceptionnellement élevés enregistrés ces dernières années dans l'énergie». Surtout, le profil d’Engie se transforme progressivement, devenant une valeur de plus en plus défensive. EToro note en effet qu’Engie «accélère son repositionnement vers des activités plus défensives et régulées».
Engie acquiert UKPN : une opération de rachat stratégique
Dans ce cadre de transformation défensive, l'acquisition du distributeur d’électricité anglais UK Power Networks constitue un tournant clé pour Engie. En effet, l’opérateur de réseau britannique renforce la réorientation stratégique du groupe français vers des activités de réseau régulées, ce qui permet à Engie de renforcer ses parts d’activités prévisibles et de limiter son exposition à la volatilité du marché. ODDO BHF indique que UKPN apportera une contribution financière conséquente à Engie dès 2026, avec une participation au résultat opérationnel comprise entre 600 et 800 millions d’euros ainsi qu’un apport compris entre 900 et 1 100 millions d’euros à l’EBITDA (le résultat opérationnel avant comptabilisation de l’usure du matériel).
Engie a déjà sécurisé les sources de financements nécessaires à cette acquisition (augmentation du capital de 3 milliards d’euros et émission hybride de 2,1 milliards d’euros). Les analystes d’ODDO BHF considèrent donc que la plus grande part du risque d’exécution et de financement est désormais derrière le groupe. Engie a également précisé ne plus avoir besoin de vendre des actifs dans l’urgence et la contrainte : les futures cessions du groupe seront opportunistes et orientées vers un objectif de création de valeur.
Engie : un profil moins exposé aux risques
Un autre élément confirmant le tournant défensif d'Engie est sa sortie du nucléaire belge. Le transfert complet par Engie des activités nucléaires à l’Etat belge (qui comprend 7 réacteurs ainsi que tous les actifs et passifs associés) a pour ambition de rendre le profil du groupe beaucoup plus stable en supprimant son exposition aux changements de politiques énergétiques belges, jugées instables. ODDO BHF précise que cette opération est voulue financièrement neutre par Engie, proche des valeurs comptables actuelles (donc sans perte financière ni impact négatif sur le bilan).
Engie dispose d’un profil de risque beaucoup moins volatil que lors de la crise énergétique mondiale de 2022. La crise actuelle au Moyen-Orient est effectivement envisagée comme un choc pétrolier global et non comme une crise gazière européenne. Cela implique, selon les analystes d’ODDO BHF, une plus faible fragmentation géographique des marchés, mais aussi des spreads régionaux limités (différence de prix du gaz ou de l’électricité assez faible entre deux marchés : il n’y a pas de gros écarts entre les zones) et peu de flux gaziers mondiaux réellement affectés. Ainsi, Engie est beaucoup moins sensible aux chocs de prix qu’il y a 4 ans.
Aussi, les analystes soulignent comment Engie est parvenu depuis plusieurs années à réduire une part conséquente de son exposition aux prix spot de l’électricité (les prix de l’électricité au jour le jour), très volatils. Cela lui permet d’éviter les potentiels upsides (attendus si les prix flambent) ou downsides majeurs, et lui confère donc un profil bien moins sensible aux fluctuations du marché.
Les datacenters et renouvelables comme leviers de croissance pour Engie
Les analystes d’ODDO BHF ont par ailleurs relevé les effets de la forte demande liée aux centres de données adressée à Engie. Les datacenters se sont en effet imposés comme un thème porteur de croissance structurelle pour le groupe. Ces derniers consomment des quantités colossales d’électricité, et leur croissance (notamment liée au développement de l’IA) crée une demande massive d’énergie.
Un objectif de 3 à 4 GW de projets de co-location (consistant à implanter un centre de données directement à côté de sites de production électrique), aux Etats-Unis et en Europe, a d’ailleurs été confirmé selon les analystes. Les énergies renouvelables continuent elles aussi de représenter un moteur de croissance important pour Engie d’après eToro. Le groupe étend le développement de ses infrastructures éoliennes, solaires et surtout de stockage par batteries en Europe, un secteur de plus en plus stratégique.
Actions Engie : quel potentiel en Bourse selon l’analyse financière et l'analyse technique ?
Les résultats du premier trimestre 2026 confirment selon les analystes d’ODDO BHF «l’amélioration progressive du profil de risque et de visibilité» d'Engie. En effet, «le recentrage d’Engie vers les réseaux régulés, la réduction de l’exposition merchant et la perspective d’une sortie complète du nucléaire belge renforcent le caractère défensif du modèle». Aussi, l’acquisition de UKPN, finalisée 2 mois plus tôt que prévu, contribue positivement au résultat d’Engie et génère un effet positif sur le BPA (bénéfice par action).
L’analyse d’eToro nuance toutefois ces éléments positifs en précisant que la production thermique et le nucléaire «affichent un net recul», tout comme les activités B2B (business to business) qui font l’objet d’une baisse des marges du fait des «conditions exceptionnelles» observées lors de la crise énergétique. Quel potentiel en Bourse pour les actions Engie selon l’analyse financière ? Les analystes d’ODDO BHF maintiennent leur opinion de surperformance sur l’action Engie (attente de performance supérieure à un indice), malgré un léger ajustement à la baisse de l’objectif de cours, de 34 à 33 euros, pour tenir compte d’hypothèses prudentes sur Gas generation et le coût de financement.
Les actions Engie semblent donc disposer d’un bon potentiel d’appréciation selon le juste prix estimé calculé par l’analyse financière. Est-ce pour autant un bon timing pour acheter les actions Engie, selon l’analyse technique (analyse graphique et mathématique de l’évolution des cours de Bourse) ? Réponse prochainement dans Momentum, la lettre d’investissement premium quotidienne de Capital sur la Bourse, basée sur l’analyse technique et l’analyse financière. Les actions Engie, recommandées à l’achat à de bons timings par Momentum, ont déjà bien profité à nos lecteurs. Et notre sélection d’actions en Bourse a largement battu le CAC 40 ces dernières années. En faisant le choix d’un abonnement annuel, 5 mois sont offerts. Pour en profiter, il suffit de cliquer sur le lien ci-après.












