Bis repetita. Critique depuis déjà bien longtemps à l’égard de plusieurs institutions internationales, Donald Trump a pris la décision de retirer les États-Unis de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco), rapporte le New York Post, mardi 22 juillet. L’annonce a été faite dans un communiqué par la porte-parole du département d’État, Tammy Bruce, qui explique que «la poursuite de la participation des États-Unis à l’Unesco n’est pas dans l’intérêt national», estimant dans le même temps que l’institution fait preuve de parti pris contre Israël.

De son côté, la porte-parole adjointe de la Maison-Blanche, Anne Kelly, a fait savoir que cette décision symbolique de Donald Trump fait suite au soutien de «causes culturelles et sociales "woke" et clivantes», qui sont en total décalage avec les politiques qu’ont décidé de choisir les Américains en novembre dernier en décidant de placer Donald Trump à la tête des États-Unis pour un second mandat. Et d’ajouter : «Ce président fera toujours passer l’Amérique en premier et veillera à ce que l’adhésion de notre pays à toutes les organisations internationales soit conforme à nos intérêts nationaux.»

Des précédents en 1984 et 2018

Véritable coup dur pour l’agence basée à Paris et fondée en 1945 après la Seconde Guerre mondiale, Emmanuel Macron n’a pas tardé à réagir à la décision prise par son homologue américain. Sur X, le président français a ainsi assuré à l’Unesco son «soutien indéfectible», arguant que le retrait des États-Unis «ne fera pas faiblir notre engagement aux côtés de celles et ceux qui portent ce combat» pour la protection universelle de la science, de l’océan, de l’éducation ou du patrimoine mondial. Quant à sa directrice générale, la Française Audrey Azoulay, cette dernière a déploré dans un communiqué une décision «regrettable» mais «attendue».

Ce n’est pourtant pas la première fois que les États-Unis quittent l’Unesco. En effet, en décembre 1983, Ronald Reagan avait fait le choix de quitter l’organisation internationale, estimant que celle-ci était trop «politisée». Une décision qui fut par la suite effective à compter du 31 décembre 1984.

Si les États-Unis avaient fait leur retour au sein de l’organisation en octobre 2003 sous George W. Bush, une fois arrivé au pouvoir en 2016, Donald Trump avait de nouveau retiré son pays de l’Unesco le 12 octobre 2017, rapporte Sud-Ouest. Rejoint dans sa démarche par Israël, le président américain avait en effet accusé l’organisation d’avoir admis en son sein en 2011 la Palestine et d’avoir opté en juillet 2017 pour une résolution sur Hébron en qualifiant la ville «d’islamique», niant ainsi selon l’État hébreu une présence juive vieille de 4 000 ans en Cisjordanie occupée. Ce départ ayant été effectif à compter du 31 décembre 2018, les États-Unis avaient par la suite réintégré l’Unesco en juin 2023 sous la présidence de Joe Biden.