Un accord «déséquilibré» pour le ministre délégué chargé de l’Europe, une «soumission» pour François Bayrou, une «humiliation» pour le Medef… Depuis l’annonce de l’accord conclu entre Donald Trump et Ursula von der Leyen dans le cadre des taxes douanières imposées à l’UE, fixées à 15%, les réactions outrées ne manquent pas. Même la VDA l’a déploré, ainsi que le vice-président du cercle des économistes, pour qui «l’Europe a capitulé par peur». Mais une voix discordante vient donner du crédit à ce «partenariat» entre l’UE et les Etats-Unis. Elle émane d’un des plus gros patrons français, Bernard Arnault.

Dans une tribune parue dans Les Echos et relayée par BFMTV, le patron de LVMH reconnaît que l’accord est loin d’être «parfait», toutefois, dans le «contexte actuel», il était «nécessaire». Le dirigeant du numéro un mondial du luxe va même plus loin en estimant qu’il s’agit d’une «démonstration d'intelligence», car «l’Europe sait défendre ses secteurs stratégiques». Il estime également que «ce n’est pas l’Europe qui a demandé cet accord», mais que «face à un partenaire capable de s'affranchir des règles existantes, il a fallu tenir bon, sans provoquer de rupture».

La nécessité d’«éviter une impasse»

Dans ce cadre, en tant que «dirigeant d'une entreprise européenne», il assure qu’il fallait «éviter une impasse», analyse-t-il, répondant aux critiques qui ont suivi cet accord depuis quelques jours. Il faut dire que l’histoire de LVMH est liée aux Etats-Unis. Le leader du luxe vient d’ailleurs d’annoncer l’ouverture d'un nouvel atelier Louis Vuitton au Texas avec une ouverture prévue fin 2026, début 2027. Pour rappel, un atelier similaire avait été inauguré en 2019 en présence de Donald Trump alors que le groupe de luxe français réalise 25% de ses ventes aux États-Unis.

Raison pour laquelle, ces dernières semaines, Bernard Arnault avait qualifié d’«indispensable» la conclusion d'un accord commercial. Toutefois, le grand patron juge «dommageable» que les vins et spiritueux, exportés en grand nombre depuis la France et l’Union européenne vers les Etats-Unis, «ne (soient) pas inclus dans cet accord». Grâce aux champagnes Moët & Chandon et au cognac Hennessy, LVMH a réalisé 7% de son chiffre d’affaires dans les vins et spiritueux au premier semestre 2025.

Bernard Arnault est-il proche des idées de Donald Trump ou fait-il preuve de diplomatie ? C’est cette dernière option qu’avait évoquée son fils au mois de juin. «Vous avez peut-être remarqué qu'en plus de ses multiples casquettes, il est récemment devenu diplomate», lâchait alors Antoine Arnault. Au premier semestre, les bénéfices de LVMH ont chuté de 22%.

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