
Donald Trump est-il en train de réussir son pari ? En imposant des tarifs douaniers au monde entier (certes suspendus), le président américain souhaite relocaliser la production dans son pays. Et si certains grands patrons comme François-Henri Pinault ont exclu catégoriquement de faire produire aux États-Unis, d’autres entreprises françaises ont fait le choix inverse depuis quelques semaines. La dernière en date étant Sanofi, provoquant l’ire du ministre de l’Economie et des Finances. Interrogé jeudi 15 mai sur BFM Business, Eric Lombard a parlé d’un moment «désagréable» et aurait préféré que «Sanofi prenne une autre décision», car cela envoie «un mauvais signal» pour les investissements français. Mais Sanofi n’est pas le seul à faire ce choix.
Sanofi : 20 milliards de dollars jusqu’en 2030
L’annonce était plus ou moins attendue. A l’image d’autres laboratoires étrangers comme Eli Lilly, Johnson & Johnson, Merck, Roche ou encore Novartis, Sanofi a annoncé son intention d'«investir au moins 20 milliards de dollars aux Etats-Unis d'ici 2030». Son but ? Se prémunir d’éventuels droits de douane dans les semaines à venir, alors que le groupe réalise 25% de sa production outre-Atlantique. Sanofi, qui veut «étendre sa capacité de production», avait pourtant préparé le terrain au mois d’avril.
20 milliards aussi pour CMA-CGM
Outre Sanofi, c’est l’armateur français CMA-CGM qui avait dégainé le premier début mars, en pleine guerre commerciale entre les Etats-Unis et l’Europe. Face à la menace de droits de douane de 25%, l’armateur avait promis au président américain d’investir 20 milliards de dollars en quatre ans dans le but de créer 10 000 emplois. Un investissement qui concernait toutes les activités du groupe, à savoir le fret aérien, la logistique, la manutention et le transport maritime. Présent aux Etats-Unis depuis 35 ans, CMA-CGM avait précisé : «Nous allons considérablement développer notre flotte battant pavillon américain.»
Investissement massif de Schneider Electric
A la fin du mois de mars, c’est un autre fleuron français qui avait fait une annonce retentissante. La multinationale, spécialiste des solutions numériques d'énergie et des automatisations pour l'efficacité énergétique et la durabilité prévoyait d’investir 700 millions de dollars aux Etats-Unis jusqu’en 2027 dans l’intelligence artificielle, mais également l’énergie. Au total, sur la décennie, l’investissement de Schneider Electric devrait même dépasser plus d’un milliard de dollars. Rien d’étonnant quand on sait que le groupe réalise plus d’un tiers de son chiffre d’affaires outre-Atlantique.
Saint-Gobain confirme ses investissements
Porté par de nouvelles zones de croissance en particulier aux Etats-Unis, Saint-Gobain a de son côté confirmé les investissements annoncés au mois de février. Le géant des matériaux va notamment injecter 40 milliards de dollars dans la construction d’une usine dans l’Etat de New York, rappelle Le Progrès. Confirmant qu’il n’y aurait «pas de suspension» du projet, Saint-Gobain affirme que la décision a été prise avant les droits de douane, et ce même si Eric Lombard considère qu’ouvrir une usine aux Etats-Unis revient à «donner un point aux Américains».
TotalEnergies annonce un accord avec NextDecade
Le 15 avril dernier, le géant pétrolier TotalEnergies a confirmé la signature d’un accord avec NextDecade portant sur l’achat d’1,5 million de tonnes par an (Mtpa) de gaz naturel liquéfié (GNL) provenant du futur train 4, l’unité de liquéfaction de Rio Grande LNG. Cet accord est d’une durée de 20 ans. «Cet accord contribuera à renforcer la position de TotalEnergies en tant que principal exportateur de GNL depuis les États-Unis, lui permettant de fournir à ses clients un approvisionnement compétitif», s’était réjoui le directeur GNL de TotalEnergies, Gregory Joffroy. Troisième acteur mondial du GNL, TotalEnergies poursuit ses projets et opérations aux Etats-Unis.
Stellantis veut limiter la casse outre-Atlantique
Enfin, le groupe franco-italo-américain Stellantis, confronté aux droits de douane sur les véhicules, a lui aussi annoncé un investissement au mois d’avril, rappelle Forbes, cette fois-ci de 4,1 milliards de dollars. Le but ? Renforcer ses capacités industrielles dans le pays, notamment sur les modèles électriques Jeep et Dodge. Avec 40% de ses ventes sur le marché américain, Stellantis souhaite le plus possible éviter de lourdes taxes.



















