
Très attendu du côté de Davos, le président américain n’a pas déçu. A la suite du recadrage d’Emmanuel Macron la veille, qui réclamait des outils «très puissants» face aux Etats-Unis qui «cherchent à affaiblir l’Europe», la réponse de son homologue américain ne s’est pas fait attendre. S’il a rappelé que même si c’était «dur à croire», il «aimait beaucoup Emmanuel Macron». Puis, Donald Trump a d’abord ironisé sur ses lunettes : «J’ai écouté son discours hier avec ses très belles lunettes de soleil, que s’est-il passé ?», a-t-il demandé.
Surtout, le président américain a critiqué l’Europe, dont le Danemark et la France, sur le sujet du Groenland : «Je veux que l’Europe aille bien, mais elle ne va pas dans la bonne direction», ajoutant qu’Emmanuel Macron avait «essayé de faire le dur à cuire». Pendant ce temps-là, le ministre de l’Economie réagissait devant les sénateurs aux menaces de nouveaux droits de douane, souligne BFM. Et Roland Lescure n’y est pas allé par quatre chemins. Selon lui, il faut résister et répondre aux Etats-Unis. «Malheureusement, si l'escalade doit avoir lieu, elle aura lieu», a-t-il lâché.
«Un ami de 250 ans qui menace»
Toutefois, le locataire de Bercy ne souhaite pas continuer dans cette voie, appelant même à la raison afin que «la répression retombe». «On a effectivement aujourd’hui un chef d’État d’un ami de 250 ans qui menace d’utiliser une arme économique, les tarifs», a reconnu Roland Lescure à propos des droits de douane que Donald Trump voulait imposer. «On n’est jamais trop pour les tarifs commerciaux, mais là, c’est en plus au service d’une cause géopolitique, d’une attaque géopolitique qui est, en plus, destinée à un de nos alliés», a-t-il poursuivi.
Raison pour laquelle il faut «réagir de manière ferme». Mais devant les sénateurs, le ministre de l’Economie a exhorté à tout faire pour «montrer avec force que l’intégrité territoriale de l’Europe, elle ne se négocie pas». En ce sens, le ministre français s’est félicité de l’unité affichée à Davos par les Européens et même d’autres pays comme le Canada, le Royaume-Uni ou la Norvège qui se sont «montrés très fermes et convergents dans notre volonté de résister ensemble».
Donald Trump annonce un projet d’accord
Pour Roland Lescure, il faut «montrer que nous aussi, nous sommes armés» quand «quelqu'un négocie avec un pistolet sur la table». L’autre objectif est d’aboutir à la «désescalade» quand les conditions seront réunies, à savoir quand on a «affirmé sa position de force». Mercredi soir, Donald Trump a surpris son monde en parlant d'un projet d'accord de «long terme» avec l’OTAN et qui durera «pour toujours», suspendant par ailleurs les droits de douane en Europe au 1er février.
Par la suite, le chef de l’OTAN, Mark Rutte, a évoqué une «discussion très productive» avec le président américain, assurant que les négociations entre le Danemark, le Groenland et les Etats-Unis «se poursuivront pour garantir que la Russie et la Chine ne puissent jamais s'implanter, économiquement ou militairement» sur l'île.



















