La progression de la TVA marque un net ralentissement depuis 2023. Après avoir enregistré une hausse moyenne de 2,8% par an entre 1995 et 2019, et malgré les fluctuations liées à la pandémie de Covid-19, elle n’a augmenté que de 0,2% en 2025. Cette stagnation s’explique par une consommation faible, un modèle de prévision vieillissant et la fraude liée aux petits colis importés de Chine, selon un rapport de l’Inspection générale des finances publié ce jeudi 12 février, relayé par BFMTV.

Le document relève «des écarts significatifs», de 9 milliards d’euros en moyenne par exercice entre la prévision inscrite au projet de budget et la recette réellement constatée, «fragilisant la trajectoire des finances publiques». Les chiffres illustrent bien ce ralentissement : les recettes de TVA ont progressé de 3,5% en 2023, 0,9% en 2024 et seulement 0,2% en 2025, «ce qui étonne au regard de la croissance (+1,4% en 2023 et +1,2% en 2024) et de l’inflation (+4,9% en 2023 et +2,0% en 2024)», souligne le document.

Consommation faible et fraude sur les petits colis

La situation française apparaît plus critique que dans d’autres économies européennes, comme l’Allemagne, le Royaume-Uni ou l’Espagne. Selon l’Inspection générale des finances, «ces écarts proviennent pour environ un tiers d’hypothèses macroéconomiques trop optimistes et se propagent mécaniquement d’une année sur l’autre. Ils illustrent la difficulté à anticiper l’évolution de l’assiette de la TVA et font ressortir les limites du modèle de prévision : la part inexpliquée de l’évolution des recettes s’accroît et atteint près de la moitié de l’écart de prévision en 2025».

La fraude à la TVA liée aux petits colis chinois contribue également à ce manque à gagner : elle «s’élèverait à environ 1 milliard d’euros en 2024 pour la France». Par ailleurs, l’essoufflement de la consommation des ménages joue un rôle central. Cette baisse d’activité, combinée à une inflation en recul et à une épargne plus élevée, a freiné les recettes fiscales.

La consommation s’est par ailleurs tournée vers des biens et services bénéficiant d’un taux réduit de TVA, comme les services immobiliers ou l’hôtellerie-restauration, ce qui a également pesé sur le total des recettes. En 2024, elles ont néanmoins atteint 207,8 milliards d’euros, représentant 17% des prélèvements obligatoires.