
Le déficit public français pourrait-il déraper davantage dans les prochaines années ? Selon L’Opinion, des simulations réalisées par Bercy montrent qu’en l’absence de nouvelles mesures d’économies, le déficit pourrait atteindre 6,2% du PIB en 2027. Un niveau très éloigné de la limite de 3% fixée par les règles budgétaires européennes. Interrogé ce vendredi 5 juin sur Sud Radio, le ministre des Comptes publics, David Amiel, a refusé de commenter directement ces projections, tout en reconnaissant la nécessité de poursuivre les efforts budgétaires.
«Pour l’année 2027, il faudra continuer à réduire le déficit», a-t-il assuré. Le ministre a également annoncé la publication prochaine d’un rapport indépendant destiné à évaluer l’évolution des finances publiques. «Les risques de déficit en 2027 seront rendus publics. On a missionné quatre économistes indépendants, ce qui est complètement inédit, qui rendront un rapport indépendant au mois de juillet et qui monteront précisément ce qui se passe si on ne fait pas d’économies en 2027, en 2028, en 2029, en 2030», a-t-il expliqué.
L’ objectif de 5% de déficit en 2026 maintenu
Pour David Amiel, il est préférable d'attendre les conclusions de ce travail avant de se prononcer sur des chiffres ayant fuité dans la presse. «Plutôt que de venir commenter ici ou là des fuites de presse, le mieux c’est qu’on ait un travail fait de manière indépendante et qui soit rendu public», a-t-il déclaré. Le ministre reconnaît toutefois qu’en l’absence de mesures correctrices, la situation budgétaire pourrait rapidement se dégrader. «Oui, évidemment, s’il n’y a pas de mesures, le déficit explosera», a-t-il averti.
Ces déclarations interviennent alors que la Commission européenne anticipe un déficit de 5,7% du PIB pour la France si aucune mesure supplémentaire n’est mise en œuvre. Malgré ces perspectives, le gouvernement assure maintenir son objectif d’un déficit ramené à 5% du PIB. «La raison pour laquelle nous prenons ces mesures d’économie, qui sont difficiles et suscitent des critiques, c’est précisément de tenir cet objectif de 5% de déficit en 2026», a souligné David Amiel.
Le ministre rappelle enfin que les projections les plus alarmistes reposent sur une hypothèse de statu quo. «Les projections alarmantes sont faites à politique inchangée, c’est-à-dire si le gouvernement n’agissait pas. Le gouvernement agit justement pour éviter ces scénarios catastrophes», a-t-il conclu.











