Sa sortie a fait grand bruit jeudi 2 octobre. En marge de l’annonce de la prolongation du contrat entre le Stade Toulousain et un de ses sponsors principaux, Peugeot, Antoine Dupont s’est agacé du salary cap imposé par la Ligue nationale de rugby (LNR). Dans un entretien accordé au Monde, à l’AFP et à Sport Business, le capitaine du XV de France a jugé que le contrôle des salaires dans le rugby était «trop invasif». Pourquoi ? Notamment, parce que les partenariats individuels sont pris en compte dans le salary cap.

Comment fonctionne le salary cap ? Comme le rappelle Le Parisien, les clubs de Top 14 sont soumis à un plafonnement de la masse salariale, à savoir 10,7 millions d’euros pour la saison 2026-2027. Le but étant d’éviter qu’un club ne fasse cavalier seul en championnat avec des moyens et une masse salariale trop élevés. Or, dans ces calculs, sont pris en compte les salaires, les primes, les avantages en nature, mais aussi les contrats publicitaires personnels des joueurs, même si l’entreprise est déjà partenaire du club.

«Une économie du rugby grandissante»

Et c’est ce qui pose problème à Antoine Dupont, pour qui «il y a 4-5 ans, il n’y avait pas de sujet», mais aujourd’hui, de nombreux joueurs du XV de France y sont confrontés du fait de la multiplication des sponsors. «On sait déjà qu’on est restreint par ce salary cap», a déploré la star des Bleus. Et c’est ce qu’il conteste : «Ils veulent savoir à la limite tout le patrimoine qu’on peut avoir donc on arrive un peu dans une chasse aux sorcières où ils veulent démasquer les tricheurs, mais ça en devient ridicule.»

Selon lui, les revendications portées par le syndicat des joueurs ne sont «pas du tout» écoutées, et malgré «une économie du rugby qui est grandissante», en partie grâce aux joueurs, «on n’est pas bénéficiaire de ça puisque le salaire stagne, voire baisse, et on ne peut pas utiliser notre image. Ça commence à faire beaucoup.» Selon Le Parisien, en dehors de Peugeot, Antoine Dupont a signé des partenariats avec LVMH, Danone, Casino ou encore Skip.

Le salary cap est «essentiel» pour la LNR

Interrogé sur le sujet, l’agent d’image de Romain Ntamack (aussi du Stade Toulousain) reconnaît que cela peut s’apparenter à «du flicage», mais pour lui, «si la Ligue veut pouvoir contrôler, il faut bien qu’elle ait toutes ces données», d’autant que peu de joueurs sont concernés. Il comprend tout de même «que cette poignée de joueurs puisse s’offusquer d’être limitée par ces règles». Si la polémique intervient aujourd’hui, c’est que les négociations autour de ce salary cap vont être revues dans les mois à venir. Le nouveau président de la Ligue s’était notamment déclaré en faveur d’une baisse du plafond. Sanctionné à deux reprises ces dernières années dans le cadre des transferts de Melvyn Jaminet et de Cheslin Kolbe, le Stade Toulousain est sans doute le club le plus concerné.

La LNR a d’ores et déjà réagi en affirmant que «le salary cap est essentiel pour préserver à la fois l’équité sportive et l’équilibre économique de nos clubs». Elle rappelle que «la LNR n’interdit en aucun cas à un joueur de disposer de son droit à l’image», mais «que les contrats conclus avec une entreprise partenaire du club (doivent être) déclarés dans le salary cap par les clubs». L’avenir d’Antoine Dupont, qui arrive en fin de contrat à l’issue de la saison 2027, se joue certainement dès maintenant pour Toulouse…