Les DRH alertent depuis la fin du mois de janvier sur les risques d’une prochaine directive européenne. Elle concerne la transparence des rémunérations, qui doit être transposée en droit français d’ici juin 2026. Dans une enquête interne menée auprès des membres de l’ANDRH, majoritairement des directeurs et des responsables des ressources humaines, les retours font émerger des signaux d’alerte clairs sur les conditions de mise en œuvre de la réforme. L’association s’inquiète également des «risques sociaux, managériaux et juridiques d’une application insuffisamment préparée».

En effet, si la transparence salariale est largement perçue comme une avancée souhaitable - 6 cadres sur 10 souhaitent que les salaires soient plus visibles, selon une étude de l’Apec (2025) - 62 % des managers estiment que la transparence peut détériorer le climat social au sein des équipes. Le sujet est jugé légitime, mais anxiogène, car il touche à des dimensions sensibles du fonctionnement des organisations : rapport à l’argent, reconnaissance, équité, hiérarchie et management.

Va-t-on vraiment connaître le salaire de notre voisin de bureau ?

Les enseignements de l’enquête interne ANDRH révèlent également que 78% des entreprises indiquent n’avoir pas mis en place de politique de rémunération. Parmi celles ayant engagé des démarches, les principaux défis identifiés sont le risque de tensions internes (15%), la charge de travail liée à la mise en œuvre (14,5%), le défi culturel et managérial que représente la réforme (14%).

Un problème est, sans doute, davantage majeur : celui de sa mise en place d’ici juin prochain. «Vous avez beaucoup d'entreprises, notamment les plus petites, qui ne sont pas prêtes», souligne Laurence Breton-Kueny, DRH Groupe AFNOR. Aussi, en fonction des pays européens, les droits salariaux divergent. «En France, nous avons un mois de congé paternité, d'autres en ont six», illustre Laurence Breton-Kueny au micro de RTL.

Pour autant, une fois cette mesure mise en place, vous ne connaîtrez pas précisément combien gagnent vos collègues de bureau. Vous aurez simplement la moyenne des rémunérations pour votre catégorie de poste. S’il y un écart de plus de 5% avec votre salaire, vous pourrez ainsi demander des comptes à vos RH. L’ambition est de réduire les inégalités salariales, notamment entre les femmes et les hommes.