
Les Français achètent moins de cigarettes. Une bonne nouvelle pour la santé publique, moins pour les finances. Les taxes représentent en effet 80 % du prix d’un paquet. En 2024, moins de 1,3 milliard de paquets de cigarettes ont été vendus, contre 1,5 milliard l'année précédente, soit une baisse de douze % rapporte Les Echos qui se basent sur les chiffres des Douanes. Une baisse cohérente avec la tendance en place depuis plusieurs décennies. C’est en revanche la première fois depuis les années 2000 que la baisse atteint un chiffre dépassant les 10%.
La part de fumeurs quotidiens dans la population est passée de 29 % à 23 % sur la dernière décennie a indiqué l'Observatoire français des drogues et des tendances addictives. Un recul du tabagisme encore plus marqué chez les jeunes. Il y a dix ans, un adolescent de 17 ans sur trois fumait du tabac quotidiennement, c'est aujourd’hui moins d'un sur six. Un recul qui s’explique notamment par l’envolée des prix à la demande du gouvernement. De moins de 7 euros en 2017, le prix moyen a dépassé les 12 euros en 2024.
Moins de recettes fiscales pour… la sécurité sociale
La baisse des ventes de tabac a mécaniquement coupé une partie des revenus de l’État. Grâce à l’augmentation régulière du prix du tabac et de la fiscalité, les «droits de consommation sur le tabac» ont longtemps été une source de revenus croissante pour la Sécurité sociale qui en perçoit les recettes sauf en Corse et en Outre-mer. Après un record de 14,4 milliards d’euros atteint pendant la période du confinement, les recettes sont désormais en chute d’environ 10 %.
Une perte de revenus pas anticipée par le ministère de l’Économie. Dans le projet de loi de finances présenté fin 2024, Bercy misait sur une quasi-stabilité des droits de consommation sur le tabac. Mais les ventes enregistrées pendant les deux premiers mois de 2025 attestent que la baisse s’accentue, - 15 % par rapport aux deux premiers mois de 2024. À ce rythme, et même si le paquet passait le cap des 13 euros, le manque à gagner pourrait atteindre un milliard d'euros selon un calcul du journal Les Echos.


















