"Vous vous rendez compte ?" Les yeux rivés sur les photos de son téléphone, Domini­que Simonnot reste choquée de ce qu’elle a pu observer. En juin dernier, la contrôleuse des lieux de privation de liberté a visité la prison de Toulouse-Seysses. Montagnes d'immondices, rats, cafards… "Un spectacle absolument révoltant, souffle-t-elle. La nuit, les détenus s’enroulent très serrés dans leurs draps et se bouchent les narines pour se protéger des bêtes." Bien sûr, toutes les geôles de l’Hexagone ne sont pas dans un état pareil. "Mais chaque jour, nous recevons des appels ou des courriers alarmants", assure la responsable.

Voilà un problème de société que les Français préfèrent ignorer. Le pays a beau consacrer 40% du budget de la justice à ses prisons, son système pénitentiaire se craquelle, incapable de faire face à l’augmen­tation du nombre de détenus (105,3 pour 100.000 habitants avant le Covid). Faute de cellules disponibles, les peines tardent à être appliquées et des prisonniers vivent dans des conditions dénoncées par la Cour européenne des droits de l'homme.

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