
L'aviation commerciale en Inde et en Asie du Sud s'impose comme l'un des moteurs de la croissance mondiale du secteur. Boeing anticipe d'ailleurs l'ajout de 3 290 avions commerciaux dans les flottes des compagnies de la région sur les vingt prochaines années, contre 2 835 appareils dans sa précédente projection. Cette révision à la hausse s'appuie sur une demande tirée par la progression de la classe moyenne, la multiplication des voyageurs prenant l'avion pour la première fois et un contexte économique jugé résilient.
Ce dynamisme se traduit par une course à l'expansion des capacités et à la modernisation des flottes. Transporteurs à bas coûts et compagnies traditionnelles multiplient les ouvertures de lignes, tandis que les infrastructures aéroportuaires montent en puissance. La région est devenue un terrain stratégique pour les avionneurs, Airbus et Boeing rivalisant pour capter une vague de commandes devenue déterminante à l'échelle mondiale.
Un marché en forte croissance, sous contraintes
Dans le détail, Boeing prévoit la livraison de 2 875 monocouloirs et 395 appareils long-courriers. L'Inde occupe une place centrale dans ces perspectives. Troisième marché domestique mondial derrière les États-Unis et la Chine, le pays est aussi le plus dynamique, porté notamment par IndiGo et Air India. «Il existe de nombreux marchés de l’aviation dans le monde qui sont plus grands, mais ils en sont arrivés à un stade où ils remplacent davantage leurs flottes qu’ils ne les développent… ce que fait l’Inde est exactement l’inverse», souligne Ashwin Naidu, directeur général marketing commercial de Boeing pour l’Inde et l’Asie du Sud.
Cette croissance pose néanmoins la question des infrastructures. «Le réseau indien reste encore très fortement concentré autour de Delhi et de Mumbai, avec plus de 30% du trafic dépendant toujours de ces deux marchés», observe le dirigeant, appelant à une montée en puissance rapide du réseau. En parallèle, le secteur reste freiné par des chaînes d'approvisionnement sous tension, qui ralentissent les livraisons d'avions neufs. Une contrainte qui oblige les compagnies à prolonger l'exploitation d'appareils plus anciens, malgré une demande toujours soutenue.

















