Quand Aliette Mousnier-Lompré arrive à la direction d’Orange Business en 2022, la filiale de l'opérateur dédiée à l'accompagnement des entreprises dans leur transformation numérique est en nette perte de vitesse. En quelques mois, cette ancienne joueuse du PSG va y opérer une véritable révolution culturelle: fixant une ambition collective, repensant l’offre et insufflant culture du résultat et liberté d’action au sein d’une organisation jusqu’alors corsetée. Jusqu’à transformer un acteur vieillissant des télécoms en fleuron mondial de la tech.

A votre arrivée, en 2022, Orange Business est en difficulté. Pourquoi ?

Le monde de la tech bouge très vite et le Covid avait encore accéléré les mutations en faisant basculer les entreprises vers le télétravail, les outils vidéo, le cloud, etc. Orange Business ne s’était pas transformé à la même vitesse, et au premier trimestre 2022, son ebitda était en recul de 27% par rapport à l’année précédente. Les changements d’usages y étaient pour beaucoup, mais le problème était bien antérieur. Toutes nos offres historiques perdaient du terrain : cela faisait dix ans qu’on prenait du retard sur nos concurrents.

A l'époque, l'entreprise a une culture “d’opérateur télécoms”. Qu’est-ce que cela implique?

Depuis toujours, l’activité reposait sur la vente en série d’offres très packagées. Lorsque le marché a basculé dans le monde des logiciels interconnectés, cette approche est devenue obsolète. Il fallait passer à une logique d’intégrateur pour proposer au client, non plus des produits, mais des briques de solutions qui fonctionnent ensemble, sans renoncer à la logique industrielle dont dépendait notre rentabilité. Conserver les coûts de structure d’un opérateur, tout en adoptant un modèle d'intégrateur et une offre “sur mesure”.

La suite est réservée aux abonnés
Abonnez-vous à Capital À partir de 1€ le premier mois
  • Accès à tous les articles réservés aux abonnés
  • Le magazine en version numérique
  • Sans engagement