Conséquence directe ou non des théâtres de guerre actuels, les entreprises de défense ont le vent en poupe. Résultat, de grandes sociétés se lancent également sur ce segment. Dernière en date : Orange, a appris Sud Ouest, et plus précisément sa filiale Orange Business. Cette dernière, qui fournit des services de communication intégrée aux entreprises dans les domaines du cloud computing, des télécommunications, des communications unifiées et de la collaboration lance «Orange Drone Guardian», une solution innovante anti-drones dans tout le pays.

Cette solution «permet de détecter, d’identifier et de classer les drones intrusifs dans l’espace aérien basse altitude, partout en France, avec une capacité d’extension en Europe», précise Orange Business dans un communiqué. Alors que de plus en plus de sites industriels, d’aéroports ou d’infrastructures militaires sont surveillés par des drones, cette solution uniquement défensive boostée à l’IA va s’appuyer sur le réseau d’Orange, soit près de 20 000 antennes télécoms (réseau Totem) déployées partout dans le pays, précise Clubic.

Pas besoin d’investissement massif pour les sociétés

Elles serviront de capteurs de détection anti-drones, ce qui veut dire que les clients d’«Orange Drone Guardian» n'auront rien à installer. Si des drones sont détectés, ils seront ensuite analysés par Cloud Avenue SecNum, la plateforme cloud souveraine d'Orange, détaillent nos confrères. Cette dernière a été certifiée par le gendarme français de la cybersécurité (l’ANSSI). La plus-value de ce système ? Son fonctionnement comme un abonnement, sans investissement massif pour les sociétés.

Toutes les entités se sentant menacées pourront donc souscrire à ce dispositif. «Beaucoup d’acteurs sont intéressés, notamment de grands industriels, des acteurs du secteur public et d’autres qui constatent des survols de drones aux abords de leurs installations», a mis en avant la directrice de la division défense et sécurité d’Orange Business, Nassima Auvray.

Trois sites Totem sont d’ores et déjà équipés par Orange Business, mais la demande pourrait être croissante, de nombreuses installations militaires ayant été visées par des survols de drones dernièrement. D’autres pays, comme en Europe de l’Est, «ont exprimé beaucoup d’intérêt», a ajouté Nassima Auvray. D’autant que le système ne détecte pas seulement la présence des drones, il permet aussi de les analyser grâce à un logiciel dédié. Dans le futur, l’utilisation de la 5G va permettre également de détecter des drones à distance (sans besoin de capteurs).