
Boeing devant la justice. Le 10 mars 2019, un Boeing 737 MAX 8 de la compagnie Ethipian Airlines qui effectuait le vol ET302 entre Addis Adeba et Nairobi s’écrasait subitement seulement six minutes après son décollage. Le drame n’avait fait aucun survivant parmi les 157 personnes présentes à bord originaires de 35 pays différents. Sept ans après le crash, si de nombreuses plaintes au civil ont pu être réglées à l’amiable entre des familles de victimes et l’avionneur américain, ce n’est pas le cas pour celle de Samya Stumo.
Comme le rapporte BFMTV, les parents et les deux frères de l’Américaine décédée à l’âge de 24 ans, faute d’accord, ont emmené le constructeur aéronautique devant un tribunal civil de Chicago pour un procès qui s’est ouvert ce lundi 4 mai. «Boeing a été négligent. L’avion de Boeing n’était pas sûr. Boeing a causé ce crash et ces décès», a déclaré devant les juges Shanin Specter, l’avocat de la famille. Meurtrie par la tragédie, le père de Samya Stumo a tenu à délivrer un témoignage poignant à la barre. «C’est comme si, depuis qu’elle n’est plus là, nous n’avions plus la permission d’être heureux», a-t-il confié tandis que son épouse, présente au premier rang, sanglotait. Parlant pendant des heures de sa fille «Sammy», le père de famille est aussi revenu sur le soir où il a appris l’accident. «Votre fille est morte mais votre esprit ne le croit pas parce que vous ne l’avez jamais vue», a-t-il confié.
Un logiciel anti-décroche à l’origine du drame
L’avocat de la famille est lui aussi revenu sur le parcours «extraordinaire» de la victime. Évoquant une jeune femme douée et accomplie, Shanin Specter a tenu à rappeler qu’elle avait appris à lire seule à l’âge de trois ans avant de d’obtenir son diplôme au lycée à 16 ans et de faire ses études à l’université du Massachusetts. C’est d’ailleurs une première mission pour son emploi de rêve avec l’ONG ThinkWell spécialisée dans la santé publique qui l’a conduit à prendre cet avion d’Ethiopian Airlines le jour du drame.
Alors que l’avionneur américain a admis dès 2019 qu’un logiciel anti-décrochage était à l’origine du crash du 737 MAX 8 - de même que pour le crash d’un autre avion du même type de la compagnie Lion Air le 29 octobre 2018 -, son avocat a évoqué ses regrets dans cette affaire. Mais c’est bien sur l’indemnisation réclamée par la famille de Samia Stumo que les désaccords persistent. «Notre seul désaccord porte sur le montant exact de la compensation», a déclaré Me Dan Webb, reprenant ainsi des propos similaires à ceux déjà prononcés lors d’un premier procès civil lié à ces deux crashs. À l’époque, le jury avait finalement décidé d’octroyer 28,45 millions de dollars au veuf d’une des victimes. Pour l’heure, ce nouveau procès doit durer jusqu’au 15 mai prochain.


















