Le 29 octobre 2018, un Boeing 737 Max 8 de la compagnie Lion Air s’écrasait en mer juste après avoir décollé de Jakarta. Bilan : 189 morts. Le 10 mars 2019, un même Boeing, cette fois de la compagnie Ethiopian Airlines, s'écrasait après quelques minutes de vol près d'Addis Abeba, tuant 157 personnes. Un bilan très lourd pour l'avionneur américain, qui s'exposait à un procès retentissant, les familles des victimes réclamant, depuis toutes ces années, que justice soit rendue. Mais ce ne sera pas le cas.

Comme l'indique L'Indépendant ce 24 mai, le département américain de la Justice a conclu un accord de principe avec Boeing. Cet accord permet à la société d'éviter des poursuites, mais aussi de plonger dans la colère les familles endeuillées, malgré la somme qui leur sera versée. Car c'est bien de cela qu'il s'agit : une compensation financière. Boeing a en effet accepté d'approvisionner à hauteur de 444,5 millions de dollars (391,3 millions d’euros) un fonds qui sera divisé en parts égales pour chaque victime, soit 1,13 million d’euros pour chacune des familles. L'avionneur devra, en plus, débourser une amende de 243,6 millions de dollars, ainsi qu’une enveloppe de 455 millions dédiées au renforcement des programmes internes de sécurité, qualité et conformité de la société.

Un sénateur démocrate dénonce un «simulacre» de justice

L'ouverture du procès était prévue le 23 juin. Dans un document publié vendredi relatif à cet accord, le gouvernement américain dit avoir préalablement rencontré des familles de victimes, relaie Ouest-France. Les proches de «plus de 110 victimes» ont signifié y être favorables ou, a minima, «non opposés». Les autres ont exprimé leur vif mécontentement. «Je suis complètement choquée par la décision du ministère de la Justice de ne pas poursuivre Boeing malgré tous les éléments que nous avons produits montrant la turpitude et les mensonges» de l'avionneur, a réagi Catherine Berthet, qui a perdu sa fille dans le crash d’Ethiopian Airlines. Les proches «méritent justice, pas ce simulacre», a déclaré de son côté le sénateur démocrate Richard Blumenthal.