C’est une victoire pour des milliers d’hôteliers. Réunis autour de la fondation hollandaise Hotel Claims Alliance Foundation, plus de 10 000 établissements de différents pays dénonçaient les pratiques tarifaires abusives du géant Booking depuis plusieurs mois. Une plainte avait même été déposée à Amsterdam, où se trouve le siège de la plateforme de réservation, quelques jours après que la Répression des fraudes a réclamé à Booking de se mettre en conformité. Selon les établissements, ces pratiques leur auraient coûté plusieurs centaines de millions d’euros puisque Booking capte environ 70% des réservations en Europe.

Comme le révélait la présidente de la branche hôtellerie à l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie en juillet dernier, sur une nuitée affichée à 100 euros, l’hôtelier ne récupère environ que 75 euros. Et si Booking a mis fin en France à sa clause tarifaire empêchant les hôtels de proposer des prix plus bas ailleurs, elle est toujours en vigueur dans d’autres pays d’Europe. Lui reprochant des «pratiques restrictives de concurrence», la Répression des fraudes demandait donc au géant de la location de revoir ses conditions contractuelles.

Se mettre en conformité sous peine d’une astreinte financière

Elle laissait à Booking jusqu’au 31 décembre pour se mettre en conformité sous peine d’une «astreinte financière journalière dont le montant total pourra atteindre 69,35 millions d’euros». Finalement, selon Sud Ouest, la DGCCRF a annoncé que la modification des clauses avait pris effet jeudi 29 janvier. Toutefois, elle dit «rester vigilante sur la conformité des clauses et sur leur application effective». L’été dernier, l’Umih s’était félicitée de «l’avancée significative» que constituait cette injonction. Pour l’organisation professionnelle, cela devait permettre «un rééquilibrage des relations entre les plateformes numériques et les professionnels du tourisme».

Il y a quelques mois, Booking.com assurait «ne pas avoir reçu de notification formelle d’une action collective» et démentait toute pratique anticoncurrentielle : «Les déclarations faites par HOTREC et d'autres associations hôtelières sont inexactes et trompeuses.» Pour la plateforme, la Cour de justice de l’Union européenne s’était seulement prononcée «sur le fait que ces clauses relèvent du champ d’application du droit de la concurrence de l’UE et que leurs effets doivent être appréciés au cas par cas».

D’autres plateformes aussi concernées

En plus de Booking, la Répression des fraudes avait enjoint à d’autres plateformes de modifier également certaines «clauses restrictives de concurrence». Mais celles-ci n’ont pas été nommées et il n’a pas été précisé si elles avaient accédé à cette demande. En décembre dernier, Booking.com a également été condamnée à verser plus de 500 000 euros d’amendes civiles à l’île d’Oléron, pour «défauts de collecte des taxes de séjour», en 2020 et 2021. En tout, 420 séjours réservés via Booking étaient concernés par ce manquement à la collecte et au reversement de la taxe de séjour.