
L’économie de la première puissance mondiale est ébranlée… et le CAC 40 a accusé le coup. L’agence de notation Moody’s a dégradé la note de crédit des Etats-Unis (jusqu’à récemment à AAA, la meilleure possible) vendredi 16 mai. Ainsi, plus aucune des trois agences de notation de référence ne croit à son infaillibilité, souligne Mirabaud, pour qui ce désaveu global d’un modèle budgétaire incontrôlable constitue «un triple choc pour les marchés». Ce basculement dans la perception de la puissance budgétaire des Etats-Unis «rappelle que même l’exception américaine a ses seuils d’alerte, à force de repousser les limites de la dette et de politiser les équilibres économiques», dénonce l’établissement financier.
La sanction de Moody’s n’est toutefois vraiment pas étonnante. En effet, alors que les perspectives de l’économie américaine (soutenue en grande partie ces dernières années par un soutien budgétaire post-Covid massif) sont plus incertaines du fait de la politique économique versatile et anxiogène de Donald Trump, les Etats-Unis «sont lestés par une dette de plus de 36 000 milliards de dollars», souligne Mirabaud. Alors que les déficits publics massifs s'enchaînent, Donald Trump cherche (à l’heure où ces lignes sont écrites) à faire adopter un plan massif de réductions d’impôts, insuffisamment financé par des coupes budgétaires. C’est le modèle budgétaire des Etats-Unis qui est remis en cause, indique Mirabaud, pour qui «l’onde de choc ne fait que débuter sur le cœur du système financier mondial» ! Tour d’horizon.
La dégradation de la note de Etats-Unis pourrait finir par faire plonger la Bourse
Au vu de l’impact en Bourse de la dégradation de la note AAA des Etats-Unis le 5 août 2011 par l’agence de notation S&P, la décision de sa consœur Moody’s pourrait potentiellement coûter plus cher aux marchés actions qu’une guerre commerciale. A l’époque, trois jours plus tard, la Bourse était entrée en mode panique : le S&P 500 (indice actions phare de Wall Street) avait plongé de près de 7% en une seule séance. «Un lundi noir gravé dans les mémoires. La baisse des actions américaines s’était ensuite prolongée (-5,7% en août et -7,2% en septembre), sur fond de crise de la dette souveraine en Europe», rapporte Mirabaud.
14 ans après la dégradation de S&P, la dégradation de Moody’s «pose à nouveau la question de la valeur réelle de la signature des Etats-Unis (en tant qu’émetteur d’obligations d’Etat, NDLR)», fait valoir la banque. Depuis plus de 10 ans, l’explosion de la dette publique et des intérêts s’est traduite par une dégradation continue des fondamentaux budgétaires des Etats-Unis. Et d’ici 2035, selon Moody's, les déficits vont s’accentuer, pour atteindre près de 9% du produit intérieur brut (PIB), sur fond d’augmentation des dépenses obligatoires et du renouvellement des baisses d’impôts de 2017.
Faut-il redouter une prochaine crise de la dette aux Etats-Unis ? Comment réagiront le CAC 40 et Wall Street ?
On peut aussi s’inquiéter de la faible probabilité de réformes structurelles sur les dépenses sociales et les recettes fiscales, ainsi que de la fragilisation de la crédibilité du cadre institutionnel américain (sur fond d’instabilité politique croissante à Washington). Déjà, les investisseurs se méfient de plus en plus des obligations d’Etat des Etats-Unis. «Alors que les intérêts de la dette absorberont bientôt un tiers des recettes fédérales, l’alarme n’est plus seulement théorique», avertit Mirabaud.
En 4 ans, les taux à long terme des Etats-Unis ont doublé. Et, loin de ralentir, les dépenses ont accéléré. «Le risque n’est pas un défaut brutal des Etats-Unis, mais un rejet progressif de ses obligations d’Etat par les investisseurs institutionnels», juge Mirabaud, qui souligne que dans un tel scénario, les Etats-Unis devront payer plus cher pour se financer, avec à la clé «un cercle vicieux de déficit et de coût de la dette». Et le CAC 40 et Wall Street devraient logiquement finir par en pâtir…
Moody’s vient d’entamer la perte de crédibilité des Etats-Unis, la Bourse accuse le coup
A l’aune de l’Histoire, «c’est la perte de crédibilité qui déclenche une crise. Et c’est exactement ce que Moody’s vient d’entamer», avertit Mirabaud, qui souligne que ce n’est pas la dégradation de la note des Etats-Unis en elle-même qui fait peur, mais ce qu’elle dit de l’avenir. Alors que la planète est accro à la dette, «chaque fissure dans le pilier américain finit toujours par faire trembler tout l’édifice», avertit l’établissement financier.
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