
La Bourse de Paris est hésitante, ce vendredi 11 avril, au terme d'une semaine de montagnes russes, en raison de la guerre commerciale provoquée par Donald Trump. Vers 10h20, le CAC 40 était proche de l’équilibre, après une hausse de 0,36% un peu plus tôt dans la matinée. La veille, l'indice vedette parisien avait grimpé de 3,83%. Les investisseurs du Vieux Continent tentent d'aller de l'avant après une semaine de secousses, au gré des annonces douanières et revirements du président des Etats-Unis Donald Trump.
Toutefois, ils «restent préoccupés par les incertitudes liées à la guerre commerciale» et «l'impact potentiel sur la croissance économique, l'inflation et l'emploi», explique Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote Bank. «Actuellement, on peut avoir l'impression que les États-Unis ne savent plus ce qu'ils font», explique Andreas Lipkow, analyste indépendant. Après plusieurs séances de débâcle, la Bourse profite depuis jeudi de l'annonce, la veille, par le président américain d'une suspension pendant 90 jours d'une partie des surtaxes à l'importation contre des dizaines de pays.
La guerre commerciale de Donald Trump inquiète la Bourse
Mais Washington a maintenu des taux planchers de 10% et des surtaxes douanières de 25% sur l'acier, l'aluminium et l'automobile, notamment contre l'Union européenne. Surtout, la Chine, deuxième économie mondiale, fait figure d'exception, avec des taxes additionnelles appliquées à ses produits atteignant désormais 145%, selon un décret de la Maison Blanche publié jeudi, ce qui a fait dévisser Wall Street. Vendredi, en réponse à Donald Trump, le gouvernement chinois a annoncé porter à 125% ses surtaxes sur les produits américains. «Il ne s'agit pas d'une désescalade, mais d'une escalade ciblée», explique Stephen Innes, de SPI Asset Management.
«Après le revirement du président américain, un choc économique extrême a été évité», mais cela ne va pas «changer radicalement les risques pour l'économie américaine et mondiale», selon les analystes de LBPAM. Bruxelles pourrait d'ailleurs taxer les géants américains de la technologie si des négociations ne réussissent pas à mettre fin à la guerre commerciale, a déclaré la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen dans une interview au Financial Times.
En France, quatre mois après l'avoir rétrogradée d'un crâne, l'agence de notation Moody's doit dire ce vendredi si elle maintient la bonne note du pays, confrontée au défi de respecter sa trajectoire budgétaire. La note de la dette publique française avait été abaissée de «Aa2» à «Aa3» (l'équivalent d'un 17/20) en décembre, au vu de la «fragmentation politique», peu propice selon Moody's au rétablissement rapide des finances publiques. Dans ce contexte, côté obligatoire, l'emprunt à dix ans de référence atteignait 3,40%, contre 3,35% la veille en clôture.
Stellantis baisse en Bourse
Le constructeur automobile Stellantis (Fiat, Peugeot, Chrysler) perdait 2,51% à 7,78 euros vers 9h50 (heure de Paris), en dernière place du CAC 40. Le groupe a annoncé ce vendredi une baisse de 9% de ses volumes de véhicules livrés au premier trimestre 2025 sur un an, principalement à une baisse de la production en Amérique du Nord.















