
Le CAC 40 se rapproche de son record historique et Wall Street n’en est pas très loin, à l’heure où ces lignes sont écrites. Certains investisseurs en actions pourraient être tentés d’attendre une correction sur la Bourse pour acheter, mais ce n’est pas si simple… En effet, «attendre le point bas parfait pour acheter les actions est une illusion, car les corrections ne suivent pas de calendrier prévisible et les marchés peuvent connaître de longues périodes sans repli significatif», fait valoir Mirabaud Equity Research.
Si acheter après une baisse peut sembler une stratégie intéressante, encore faut-il savoir quand revendre les actions, «un défi encore plus complexe», ajoute le bureau d’analyse, qui souligne qu’à l’aune de l’histoire, «rester trop longtemps liquide en attendant une correction sur les actions peut coûter cher, surtout lorsque la Bourse poursuit son ascension sur plusieurs années». Par ailleurs, avec un travail d’analyse financière (ou d’analyse technique, selon les investisseurs en actions) approfondi, il est possible de faire une bonne sélection en Bourse de valeurs à potentiel. A cet égard, Joffrey Ouafqa, directeur des gestions du pôle Asset Management (gestion d’actifs) d’Auris Gestion, nous livre son analyse sur 4 actions jugées dignes d'intérêt. Tour d’horizon.
En Bourse, l’action Publicis est une valeur de croissance à un bon prix
Depuis le rachat de Sapient en 2014, Publicis a une très forte exposition au marché nord- américain, qui représente plus de 50% de son activité. «La société devrait donc tirer pleinement profit de la vigueur de la croissance américaine en 2025 mais aussi de la reprise européenne, qui devrait enfin se concrétiser grâce notamment aux baisses de taux de la BCE», fait valoir Joffrey Ouafqa. Publicis devrait également tirer parti indirectement de la fusion annoncée entre Omnicom et Interpublic. En effet, «de nombreux clients utilisaient parallèlement les deux agences et ne souhaitent pas être désormais liés à une seule d’entre elles. Publicis devrait donc récupérer de nouveaux contrats lui assurant à nouveau d’être la première des grandes agences en termes de croissance organique (croissance hors acquisitions et impact des effets de change, NDLR), à +4,6%», souligne l’expert.
La marge de Publicis, déjà best-in-class (la meilleure de la catégorie), «devrait encore progresser, permettant aux bénéfices par action de la société de croître a minima de 5% par an au cours des quatre prochaines années. Ajoutons à cela un rendement du dividende de +3,3%, un programme de rachat d’actions de 200 millions d’euros (0,7% de la capitalisation) qui pourrait être augmenté significativement, et une valorisation à 12,8 fois les bénéfices 2026 et vous obtenez une action dite GARP (growth at reasonable price), c’est-à-dire une valeur de croissance mais à un prix raisonnable», ajoute le gérant.
GTT profite de sa supériorité technologique, le potentiel de l’action reste intact
L’action GTT a certes déjà bien commencé l’année 2025, mais il reste encore du potentiel car les perspectives de la société d’ingénierie de systèmes de confinement pour le transport et le stockage du GNL s’améliorent. «Son carnet de commandes est bien rempli, GTT remportant régulièrement des appels d’offres grâce à la supériorité de sa technologie face à celle de ses concurrents. Les résultats récents, en nette accélération, démontrent le dynamisme de l’activité : ils ont progressé de 75% entre 2023 et 2024 et devraient encore croître de 20% en 2025», fait valoir Joffrey Ouafqa.
Du fait de son expertise, la marge de GTT est extrêmement élevée (marge brute à 98%), ce qui lui permet de générer un important flux de trésorerie (6,8% de rendement du flux de trésorerie d’exploitation après investissements) et de renforcer une trésorerie déjà largement excédentaire. «Fin 2024, elle affichait ainsi 370 millions d’euros au bilan, un chiffre qui pourrait quasiment doubler à 700 millions d’euros à horizon 2028, soit 13% de la capitalisation actuelle. De quoi soutenir le retour à l’actionnaire. Avec une valorisation historiquement faible à 14,5 fois les résultats 2025 contre une moyenne à 10 ans de 16 fois, alors que la société n’a jamais autant généré de bénéfices, le potentiel de l’action GTT reste intact», souligne le gérant.
Sandoz «a de fortes ambitions de développement aux Etats-Unis»
Introduite en Bourse en octobre 2023, Sandoz est l’ancienne filiale de Novartis spécialisée dans la fabrication de médicaments génériques et de bio similaires. «Compte tenu de la recherche d’économies de coûts de santé par les gouvernements, le potentiel de développement des ventes de ces médicaments dont le prix atteint souvent 10% du prix du médicament original est significatif. A cet égard, Sandoz dispose d’un portefeuille très large dans l’oncologie, l’immunologie et les maladies respiratoires, et a de fortes ambitions de lancements de médicaments qui porteront sa croissance dans les années à venir», indique Joffrey Ouafqa.
Pour le moment, Sandoz réalise 52% de ses ventes en Europe «mais affiche de fortes ambitions de développement aux Etats-Unis, qui ne représentent actuellement que 22% de son chiffre d’affaires. La société connaît une forte croissance de ses bénéfices. Après +21% en 2024, ils devraient encore progresser de 20% cette année et de 17% l’année suivante pour une valorisation raisonnable de l’action, en Bourse, à 15 fois les résultats 2025», souligne le gérant.
Astrazeneca profite de la forte croissance des ventes de ses nombreux nouveaux médicaments
Après une année 2024 contrastée pour Astrazeneca, 2025 devrait être l’année du rebond. L’action du géant anglo-suédois de la santé «a en effet fortement corrigé en fin d’année dernière à cause d’une enquête pour des soupçons de corruption en Chine, amenant les investisseurs à craindre le pire pour l’activité de la société dans le pays. Il semblerait, après enquête, que les faits de corruption concernaient seulement quelques individus. D’ailleurs la société n’a pas été accusée directement, ce qui limite les potentielles amendes et répercussions sur l’activité», relève Joffrey Ouafqa.
Au-delà de ce scandale, Astrazeneca continue de bénéficier d’une forte croissance des ventes de ses nombreux nouveaux médicaments, ayant permis à la société de relever deux fois ses guidances (objectifs financiers) en 2024, des guidances réitérées début février. «Celles-ci prévoient toujours une croissance du bénéfice par action supérieure à 10% par an jusqu’en 2028 et n’incluent pas l’intégralité des succès potentiels du pipeline de médicaments. Ce qui laisse une bonne optionnalité de révision à la hausse des chiffres du consensus. A 14,5 fois les bénéfices 2026, la valorisation de l’action est attractive compte tenu du potentiel de croissance significatif d’Astrazeneca», souligne le gérant.


















