La Bourse de Paris s'affiche en nette hausse ce jeudi 22 janvier, portée par le retour de l'appétit pour le risque des investisseurs et dans un contexte de fort relâchement autour du dossier du Groenland après la levée des menaces de Donald Trump. Vers 10h, l'indice CAC 40 prenait 1,41% soit un gain de 114,00 points pour s'établir à 8 183,17 points. La veille, l'indice vedette de la Bourse de Paris avait fini proche de l'équilibre (+0,08%) à 8 069,17 points.

«Les marchés manifestent finalement une forme de sérénité ou d'aphasie, alors même que l'intervention de Donald Trump à Davos était très attendue», dans un contexte de montée des tensions sur la question du Groenland, commentent les analystes de Natixis. Après des semaines de déclarations agressives, Donald Trump a annoncé mercredi à Davos (Suisse) «le cadre d'un futur accord» sur le territoire autonome danois, extrêmement vague, et levé ses menaces douanières autant que militaires.

La Bourse rassurée après le revirement de Donald Trump

Le président américain a refusé de préciser si le compromis en discussions donnait aux Etats-Unis la possession du Groenland, comme il l'a exigé à de multiples reprises afin, selon lui, d'en garantir la sécurité face à la Russie et à la Chine. Le ministre français de l'Economie, Roland Lescure, a affirmé ce jeudi rester «vigilant», estimant que «la fermeté» face au président américain Donald Trump, «c'est important». Le Danemark souhaite poursuivre «un dialogue constructif avec ses alliés», à propos du Groenland et de la sécurité dans l'Arctique, mais dans le respect de son «intégrité territoriale», a déclaré quant à elle ce jeudi la Première ministre Mette Frederiksen.

Côté marchés, «le renoncement de Donald Trump aux (droits de douane) prévus contre plusieurs pays européens a dissipé, au moins temporairement, le scénario d'une escalade commerciale entre les Etats-Unis et l'Europe», explique John Plassard, responsable de la stratégie d'investissement chez Cité Gestion Private Bank.

Ubisoft chute lourdement en Bourse

Le titre d'Ubisoft s'est écroulé ce jeudi de plus de 35% à la Bourse de Paris, la plus forte baisse en séance de son histoire, au lendemain de l'annonce par le géant français d'une réorganisation massive et de l'annulation de six jeux vidéo. Vers 10h, heure de Paris, le titre dévissait toujours de 33,48% à 4,41 euros. L'action a dégringolé de 35,12% dans les premiers échanges de la Bourse. Sa précédente plus forte baisse en séance datait d'octobre 2013 avec un recul de 31,92%.

Empêtré dans des difficultés financières depuis plusieurs années, le groupe a annoncé mercredi se doter d'une nouvelle organisation inédite pour être plus compétitif, au prix d'une nouvelle cure d'austérité. Il prévoit désormais une perte opérationnelle d'un milliard d'euros sur son année fiscale 2025-2026, liée aux annulations de 6 jeux et au rapport de 7 autres, ainsi que le rapport de certains partenariats.

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«Il faudra attendre au moins 3 ans pour que la nouvelle organisation permette au groupe de retrouver sa capacité à lancer régulièrement des jeux à succès, renouant avec une croissance durable et une génération de trésorerie robuste», estiment les analystes d'Oddo dans une note publiée ce jeudi.