
La Bourse de Paris est dans le rouge jeudi, de nouveau affectée par un mouvement mondial de doute autour des actions liées aux logiciels et à la tech, qui renforce la volatilité du marché. Vers 09 h 40 heure de Paris, l'indice vedette CAC 40 perdait 0,69 %, à 8 181,08 points (-57,08 points par rapport à la clôture de la veille). «Une vente massive d'actions en Bourse a secoué le secteur technologique, frappant les valeurs logicielles et les cryptomonnaies sur fond de données de l'emploi décevantes et de doutes sur les valorisations liées à l'IA», résume Patrick Munelly, analyste pour Tickmill Group. Le lancement mardi soir, par la start-up Anthropic, à l'origine du modèle de langage Claude, d'un nouvel outil d'IA conçu pour traiter les tâches juridiques et de recherche, a mis le feu aux poudres, faisant craindre pour le modèle économique du secteur des logiciels.
Plus globalement, les investisseurs s'inquiètent du niveau jugé trop important des dépenses prévues dans la course aux infrastructures pour l'intelligence artificielle, à l'instar d'Alphabet, la maison mère de Google, qui a annoncé doubler ses investissements en 2026 pour atteindre une fourchette de 175 à 185 milliards de dollars, ou d'Amazon, qui a révisé jeudi ses investissements à la hausse (200 milliards de dollars en 2026). À Paris, l'action des sociétés d'informatique Capgemini et Atos perdaient respectivement 3,68 % et 4,07 %, et toute la place parisienne faisait les frais de cette défiance. «La crainte est simple : que cette défiance sectorielle finisse par contaminer l'ensemble des actifs, déclenchant un véritable effet domino», explique John Plassard, responsable de la stratégie d'investissement à Cité Gestion Private Bank.
Stellantis décroche lourdement en Bourse
Outre ce mouvement baissier global, la séance est surtout marquée vendredi par la chute de l'action de Stellantis, qui perdait environ 24% vers 10h30. Le groupe a annoncé l'inscription de 22 milliards d'euros de charges exceptionnelles dans ses résultats 2025 en raison d'une «surestimation significative du rythme de l'électrification» du secteur automobile. Ces charges massives, qui feront mécaniquement passer le groupe dans le rouge, sont presque équivalentes au cumul des bénéfices nets 2023 (18,6 milliards) et 2024. Le constructeur ne versera pas de dividendes en 2026.
Dans le même temps, le titre du géant français du BTP et des services à l'énergie Vinci bondissait de plus de 6%, après que le groupe a présenté des résultats annuels au-dessus des prévisions des analystes, en termes de chiffre d'affaires notamment.



















