
En Bourse, depuis plus de deux ans, le secteur des actions des banques européennes est tout simplement le plus performant de tous les secteurs boursiers européens (les actions BNP Paribas, Crédit agricole, SG, etc., se sont envolées, en Bourse, grimpant bien plus vite que le CAC 40, sur la période, NDLR). Sur les 24 derniers mois, la hausse de l’indice Stoxx 600 Europe Banks est de 112%, c’est plus du double de la performance de secteurs comme les Utilities (services aux collectivités) en encore le secteur Télécommunications, qui ont été parmi les meilleurs secteurs en bourse en Europe avec une performance de 52% sur les 24 derniers mois.
Sur le même intervalle de temps, le secteur de la santé en Bourse en Europe ne progresse que de 10% et le secteur tech s’affiche même en repli de 2%... Sur les 5 dernières années, l’indice Stoxx 600 Europe Banks affiche une performance de… 200% ! La fin des politiques monétaires ultra-accommodantes, la solidité, la diversification et la régulation des banques, mais aussi la résilience de l’économie européenne ces dernières années face au différents chocs (géopolitiques, commerciaux, etc…) ont permis aux banques (BNP Paribas, Crédit agricole, SG…) de réaliser collectivement de solides résultats et d’attirer les investisseurs.
BNP Paribas, SG… En Bourse, les actions des banques amorcent une baisse, craintes liées à l’IA
Le rendement moyen des dividendes versés par les banques au sein de l'indice Stoxx600 Europe Banks (les actions BNP Paribas, Crédit agricole, SG, Santander, Unicredit, etc.) a été de 4,4% sur les 12 derniers mois. Cet indice sectoriel boursier «pèse» 2 060 milliards d’euros avec une valorisation de 11,5 fois les bénéfices (ratio cours/bénéfices). Ce ratio de valorisation est plus élevé qu’il y a quelques années mais il reste toutefois inférieur à celui du CAC 40, qui est de 18 fois les bénéfices.
On observe depuis environ deux semaines une correction baissière des actions des banques en Europe, principalement liée au risque de disruption lié à l’intelligence artificielle. Une vague d'annonces ces derniers jours sur les avancées dans l'IA (outils d'analyse financière automatisés, construction de stratégies fiscales, agents IA pour la gestion de fortune, etc.) a ravivé les peurs d'une perte de valeur pour les services à forte marge comme le conseil en investissement, la gestion privée ou encore la gestion de fortune. Sachant que les banques européennes, qui tirent une part de leurs revenus de ces activités.
Crédit agricole, BNP Paribas, SG… En Bourse, les actions des banques souffrent aussi des craintes sur la croissance économique
On peut également regarder Outre-Atlantique pour trouver des explications à ce mouvement : plusieurs données macroéconomiques publiées la semaine dernière ont déçu comme les ventes au détail ou encore les ventes de logements, soulevant des interrogations sur la dynamique économique en place en ce début d’année, et entraînant quelques mouvements de corrections sur les valeurs bancaires américaines.

Sur un horizon moyen à long terme, il n’y a pas vraiment d’arguments pour être négatif vis-à-vis du secteur bancaire en Europe (diversification, régulation, etc…) mais à court terme (plusieurs jours à quelques semaines) il est tout à fait possible d’assister encore à quelques prises de gain après un parcours boursier aussi flamboyant ces dernières années (en trois ans, les actions Société générale se sont envolées de 147%, les actions Crédit agricole de 53% et les actions BNP Paribas de 40%, NDLR) !

















