
La Bourse de Paris évolue en net recul ce jeudi 2 avril, au lendemain d'un discours de Donald Trump plus offensif que prévu, qui a éloigné la perspective d'une fin rapide de sa guerre contre l'Iran. Dans les premiers échanges vers 9h25 (heure de Paris), le CAC 40 perdait 1,22% à 7 884,07 points, en recul de 97,20 points. La veille, il avait clôturé en hausse de 2,10%, entraînée par un vent d'optimisme après les propositions précédentes du président américain envisageant la fin de la guerre d'ici deux à trois semaines.
Mais l'allocution de M. Trump à la nation mercredi soir à Washington a «clairement refroidi les espoirs», a rapporté John Plassard, analyste de Cité Gestion Private Bank. Tout en réaffirmant que les Etats-Unis étaient «proches de remplir» leurs objectifs dans leur offensive contre l'Iran, le président américain a en effet assuré qu'ils continueraient de frapper ce pays «extrêmement durement». Donald Trump a indiqué que sans accord avec Téhéran, les Etats-Unis allaient «ramener à l’âge de pierre» l'Iran dans les «deux à trois prochaines semaines».
Le pétrole et les taux d’intérêt repartent à la hausse, comment réagira la Bourse ?
Les cours du pétrole, qui avaient cédé du terrain ces derniers jours, se répartissent donc mécaniquement à la hausse jeudi. Vers 9h20 (heure de Paris) le prix du baril de Brent de la mer du Nord, référence mondiale du brut, grimpait ainsi de 6,47% à 107,70 dollars. Celui de son équivalent américain, le WTI, remontait de 6% à 106,13 dollars. «Ce qui devait arriver est arrivé. La conduite de la guerre par Trump en Iran reste opaque et ses paroles n'ont qu'une durée de vie de quelques heures à quelques jours», résume Andreas Lipkow, analyste de CMC Markets. Après ces menaces américaines, l'armée iranienne a promis des attaques «écrasantes» contre les Etats-Unis et Israël.
La perspective d'une poursuite de la guerre ravive la peur d'une inflation qui s'installerait dans l'économie mondiale, ce qui fait remonter les taux d'intérêt des dettes souveraines en Europe, après l'accalmie des derniers jours. Le taux d'intérêt de la dette française à échéance dix ans atteignait 3,74% jeudi matin, contre 3,67% la veille, et 3,20% avant le déclenchement de la guerre.
Son équivalent allemand, référence en Europe, repassait la barre symbolique des 3%, à 3,03%, contre 2,98% la veille. Les rendements montent avec les risques d'inflation, car les déficits demandent des garanties face à l'érosion de la valeur de leur capital prêté. Les investisseurs tablent en outre sur une politique monétaire des banques centrales plus restrictive, pour combattre cette inflation.
Changement à la direction de Renault
Le président de Renault (-0,33% à 29,93 euros) Jean-Dominique Senard, 73 ans, dont le mandat s'achèvera en 2027, ne demandera pas de troisième mandat et quittera ses fonctions l'an prochain, a indiqué mercredi une source proche du dossier, confirmant des informations de presse. Interrogé, le groupe s'est limité à indiquer que le mandat de M. Senard prendrait fin lors de l'assemblée générale des actionnaires de Renault du printemps 2027. Même si la limite d'âge pour un début de mandat est de 72 ans, l'AG aurait pu le prolonger, a précisé le groupe au journal La Tribune.


















