La Bourse de Paris recule ce lundi 2 mars sans pour autant paniquer face à la guerre au Moyen-Orient avec l'Iran qui fait bondir les secteurs de l'énergie et de la défense mais plomb d'autres secteurs, comme l'aérien ou le tourisme. Vers 9h50 (heure de Paris), le CAC 40 perdait 1,88% à 8 419,86 points, en recul de 160,89 points. Vendredi, l'indice parisien avait cédé 0,47%. Les marchés observent «les conséquences» du conflit «pour la production et le transport de pétrole», relève Florian Ielpo, responsable de la recherche macroéconomique de Lombard Odier AM.

Le détroit d'Ormuz, voie névralgique du commerce mondial, est désormais évité par les principaux armateurs mondiaux, dans la foulée des frappes israélo-américaines en Iran et des représailles de Téhéran sur les pays de la région, entraînant un lien du prix des hydrocarbures. Le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence sur le Vieux continent pour le gaz, affichait vers 10h une hausse de 24,38% à 39,75 euros.

La Bourse reste optimiste malgré le conflit avec l'Iran

Côté pétrole, le baril de pétrole Brent de la mer du Nord flambait de 9,28% à 79,63 dollars. Le baril de WTI nord-américain s'envolait de 8,59% à 72,78 dollars. Mais dans l'ensemble «nous observons un marché ordonné : les cours reculent, mais il n'est nullement question de panique. Les marchés semblent (…) tabler sur un conflit limité dans le temps», note Jochen Stanzl, chez CMC Markets. Des bombardements massifs ciblent de nouveau l'Iran ce lundi, au troisième jour de l'opération destinée à décapiter la République islamique, conflit qui s'étend désormais au Liban où Israël mène des frappes après des tirs du Hezbollah contre son territoire.

Alors que Donald Trump a dit envisager une opération de plusieurs semaines, chaque camp affiche sa détermination à poursuivre les hostilités, faisant craindre un embrasement général de la région. Dans le Golfe, la journée de lundi a une nouvelle fois commencé au son de fortes explosions à Dubaï, Doha et Manama, tandis que l'armée israélienne a annoncé tôt dans la matinée mener «des frappes à grande échelle» sur Téhéran.

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TotalEnergies et la défense bondissent, tandis que l'aérien et le tourisme souffrent en Bourse

Les majors pétrolières bondissent partout en Europe, bénéficiant de la hausse des prix du pétrole. Vers 8h30 GMT, TotalEnergies prenait 4,27% à 70,14 euros sur la Bourse de Paris, après avoir grimpé de plus de 7% dans les premiers échanges. Les titres des entreprises du secteur aérien et du tourisme chutent en revanche.

Côté aérien, Air France-KLM dévissait de 7,60% à 11,37 euros et Aéroports de Paris reculait de 2,96% à 115,10 euros. Pour le secteur touristique, Accor plongeait de 9,72% à 44,47 euros. Les titres des entreprises liées à l'industrie de la défense profitent de la situation. A Paris, Thales prenait 4,55% à 266,40 euros et Dassault Aviation 2,66% à 347,60 euros.

Le luxe et l'automobile plombent le CAC 40

Les entreprises du secteur du luxe et de l'automobile cèdent aussi du terrain, alors que la situation dans le détroit d'Ormuz fait craindre des perturbations dans le commerce mondial. Stellantis perdait 4,87% à 6,60 euros, Renault 4,11% à 30,79 euros. LVMH reculait de 4,91% à 517,90 euros, Kering de 4,72% à 272,00 euros et Hermès de 4,15% à 1 964,50 euros.