La Bourse de Paris (CAC 40) poursuivait sa course en avant vendredi, misant sur l'espoir d'un accord avec l'Iran au Moyen-Orient plus que sur les conséquences de la guerre qui plombent l'économie française. Vers 11h heure de Paris (9h GMT), l'indice du CAC 40 progressait (+0,85%) soit 69,35 points à 8.259,09 points, malgré trois indices macroéconomiques médiocres publiés jeudi matin (hausse de l'inflation, recul de la croissance, repli de la consommation). Jeudi, le CAC 40 avait perdu 0,23%, soit 19,02 points, à 8.188,87 points.

Sur le front de la géopolitique, alors qu'on croyait les négociations entre les Etats-Unis et l'Iran en péril, des sources à Washington ont fait état d'un cadre d'accord qui prévoit une extension de 60 jours du cessez-le-feu en cours depuis le 8 avril. Accord qui nécessite encore l'aval du président américain. L'agence iranienne Tasnim, citant une source proche de l'équipe de négociation, a démenti l'information.

Le pétrole en baisse vers les 90 dollars, le CAC 40 apprécie

Le marché du pétrole semblait anticiper un retour à la normale dans le détroit d'Ormuz, goulet d'étranglement de 20% de l'offre globale en hydrocarbures depuis le lancement de l'offensive israélo-américaine contre la République islamique le 28 février. Vers 10H45 (08H45 GMT), le Brent se stabilisait à 93,73 dollars le baril (+0,02%) pour livraison en juillet. Le WTI américain ralentissait sa baisse à 88,75 dollars (-0,17%).

«Le Brent recule de plus de 10 % sur la semaine», résume l'analyste Florian Ielpo de la banque privée suisse Lombard Odier. «Un Brent sous 90 dollars d’ici la fin de la semaine prochaine semble à notre portée», ajoute-t-il. «Un apaisement des flux d’actualités pourrait ouvrir la voie à un repli supplémentaire vers 80 dollars le baril», espère également Ipek Ozkardeskaya, analyste senior pour Swissquote. «Même si les Etats-Unis et l’Iran s’entendent sur une réouverture du détroit d’Ormuz (l’accord n’attend plus que le feu vert de Donald Trump), le marché pétrolier ne va pas se rééquilibrer d’un coup. Les tensions de prix peuvent encore s’amplifier», tempère cependant le groupe financier Oddo.

TotalEnergies à l'équilibre en Bourse avant son assemblée générale

Sur le marché obligataire, le taux d'emprunt de l'Etat français à dix ans se stabilisait à un peu moins de 3,57%, comme la veille, tout comme en Allemagne (2,96%). Anticipé par des membres du directoire, le probable relèvement des taux directeurs de la Banque centrale européenne (BCE) lors de sa prochaine réunion mi-juin commence à susciter des commentaires. «Remonter les taux détruirait simplement le reste de la demande européenne», s'inquiète la société d'investissements Hilbert.

Le titre de TotalEnergies se maintenait à l'équilibre (-0,08% à 75,36 euros) avant l'assemblée générale des actionnaires du géant des hydrocarbures dans un contexte explosif (polémique autour des super-profits du groupe au premier trimestre). Le titre d'Hermès (+1,87%, à 1.664,50 euros) n'était pas affecté par la mise en examen de deux avocats et un notaire suisses dans une affaire d'actions dont un héritier du maroquinier français dit avoir été dépossédé au profit de LVMH (+1,54% à 488,60 euros). Le luxe tirait l'indice du CAC 40 vers le haut, de même que les valeurs industrielles (Airbus Group +2,50% à 182,14 euros, Safran +1,82% à 308,50 euros) et des services (Accor, +2,34% à 47,76 euros). Hors CAC 40, l'action de Vivendi enregistrait une forte hausse de près de 7% à 2,43 euros l'action.