Elle est arrivée sur le front au mois d’août 2025. Face à l’avancée des Russes dans certaines zones, Kiev a présenté une nouvelle arme dans son arsenal, à savoir le missile Flamingo. Connu techniquement sous le nom de FP-5 Flamingo, ce missile serait deux fois plus puissant que l’Américain Tomahawk. Pourquoi en reparle-t-on aujourd’hui ? Parce que comme le rapporte Euronews, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a affirmé qu’il avait atteint un site militaire russe, plus précisément «une usine militaire à Tcheboksary qui fournit à l'armée d'occupation des composants pour drones et missiles».

Pourquoi cette frappe est intéressante ? Parce que la ville de Tcheboksary (en Tchouvachie) est située à 1 000 kilomètres de la frontière ukrainienne. Or, comme nous vous l’avions déjà expliqué en août 2025, le missile Flamingo a une portée de 3 000 kilomètres. Fruit d'une collaboration entre Fire Point et le groupe Milanion, le FP-5 a une charge utile de 1 150 kg, six mètres d’envergure et pèserait six tonnes au décollage. Il coûterait néanmoins la bagatelle d’un million d’euros.

Vers un futur système de défense antimissile ?

Une bonne nouvelle pour l’Ukraine alors que Fire Point a déclaré début juin avoir effectué un premier vol d’essai d’un missile balistique servant de base à un projet de système de défense antimissile. Ce FP7.X serait la version intercepteur du missile balistique FP7 et il pourrait même à terme frapper des cibles au sol. Ce nouveau système de défense aérienne, capable d’abattre des missiles balistiques supersoniques, pourrait même voir le jour d’ici fin 2027, a laissé entendre Denys Shtilierman de Fire Point.

Fin mai, le commissaire européen à la Défense, Andrius Kubilius, affirmait que «les Ukrainiens (avaient) commencé à produire leur propre missile de croisière Flamingo et (étaient) prêts cette année à en produire environ 700». En outre, alors que le missile était propulsé par des moteurs d’occasion, il le sera désormais par son propre moteur, un turboréacteur à faible taux de dilution, adapté au vol à basse altitude.

Une usine cruciale pour l’armement russe

Une chose est sûre : le Flamingo fait des dégâts. Le gouverneur régional russe a confirmé que la ville de Tcheboksary avait été touchée. «Nous travaillons à déterminer le nombre de victimes et l'ampleur des dégâts causés aux infrastructures», a déclaré Oleg Nikolayev sur Telegram. Selon les médias locaux et les Ukrainiens, l’usine VNIIR-Progress aurait été touchée. Elle produit des récepteurs de navigation par satellite et des antennes Kometa utilisées sur des drones d'attaque de type Shahed mais également des missiles balistiques Iskander-M, des missiles de croisière Kalibr ou encore des bombes aériennes guidées.