Ressource vitale par excellence, l’eau s’impose aujourd’hui comme l’un des actifs les plus stratégiques de notre époque. Et en Bourse, la thématique de l’eau est un bon placement ! «Alors même que les besoins ne cessent de croître, cette ressource se raréfie !», fait valoir Mioratina Rapelanoro, gérante chez Galilee AM, qui précise que l’eau douce ne représente qu’environ 2,8 % des ressources en eau de la planète et que seule une fraction de ce volume est réellement accessible et exploitable.

Cette tension s’explique par la convergence de plusieurs dynamiques de long terme : croissance démographique, urbanisation rapide, vieillissement des infrastructures, dégradation de la qualité des eaux usées, mais aussi transformation numérique de l’économie. «La population mondiale pourrait approcher les 10 milliards d’habitants à l’horizon 2050, accentuant mécaniquement les besoins en eau potable, en assainissement, en irrigation et en infrastructures de distribution» souligne l’experte.

Les besoins en eau sont dopés par le boom de l’IA, des perspectives d'investissement structurelles en Bourse

La pression est d’autant plus forte que l’eau irrigue, au sens propre comme au figuré, l’ensemble de l’économie mondiale. «Agriculture, industrie, construction, production d’électricité, semi-conducteurs ou encore centres de données : tous ces secteurs en dépendent directement. L’essor de l’intelligence artificielle illustre parfaitement cette nouvelle donne. Le développement massif des data centers entraîne une hausse significative des besoins en eau et en énergie, notamment pour le refroidissement des serveurs», indique Mioratina Rapelanoro. Selon certaines études, la demande mondiale en eau liée à l’IA pourrait atteindre entre 4,2 et 6,6 milliards de mètres cubes d’eau douce par an d’ici 2027, soit l’équivalent de la consommation annuelle totale de plusieurs pays de taille moyenne, comme le Danemark.

Face à ces défis, la thématique du cycle de l’eau offre des perspectives d’investissement structurelles. «Elle regroupe un large univers d’entreprises : les acteurs des infrastructures chargés de construire, moderniser et entretenir les réseaux de distribution ; les spécialistes des technologies de traitement, de filtration et de réutilisation de l’eau ; ainsi que les sociétés de services environnementaux qui contribuent à préserver la qualité de cette ressource essentielle», relève Mioratina Rapelanoro.

En Bourse, les actions de l’eau sont freinées par les taux élevés et les tensions géopolitiques, mais elles ont du potentiel !

En Bourse, la thématique de l’eau a connu une trajectoire contrastée ces dernières années. Après une progression marquée de +33% en 2021, elle a été pénalisée par la remontée rapide des taux d’intérêt en 2022, avec un recul de -22%. Elle a ensuite rebondi en 2023, avec une performance de +21%, puis progressé plus modérément en 2024, à +6 %. Depuis le début de l’année, elle affiche toutefois une performance limitée à +1,1 %, contre environ +9 % pour le MSCI World. «Cette sous-performance s’explique notamment par le poids des valeurs d’infrastructures, encore sensibles à un environnement de taux élevés et aux incertitudes géopolitiques», souligne la gérante.

Pour autant, les fondamentaux demeurent solides, selon Galilee AM. En effet, sur un an, la thématique affiche une progression de +4,8%, tandis que les valorisations en Bourse apparaissent redevenues attractives. Le PER (capitalisation boursière rapportée aux profits attendus sur 12 mois, jauge du degré de cherté des actions) moyen ressort à 18,5 fois, inférieur à sa moyenne historique sur cinq ans de 22,5 fois, ainsi qu’à celui du MSCI World, proche de 21,9 fois. Les perspectives de croissance restent également favorables, bien que modérées, avec une croissance annualisée du chiffre d’affaires estimée à 5,3% sur les trois prochaines années.

Actions, ETF, OPCVM… Comment investir en Bourse sur les valeurs du secteur de l’eau ?

Investir dans l’eau ne relève donc pas d’un simple effet de mode. «Il s’agit d’une mégatendance portée par des besoins fondamentaux, par la nécessité de moderniser des infrastructures vieillissantes et par des plans d’investissement massifs, notamment en Europe et aux États-Unis. Dans un monde confronté à la rareté des ressources, à l’urbanisation et à la montée en puissance des usages numériques, la gestion durable de l’eau devient un enjeu économique, industriel et géopolitique majeur», fait valoir Mioratina Rapelanoro.

Selon elle, les investisseurs souhaitant s’exposer à cette thématique peuvent privilégier une sélection de valeurs telles que Veolia, Geberit, Aalberts ou Sulzer, «des acteurs bien positionnés sur les besoins croissants en infrastructures, en traitement, en efficacité et en optimisation de la gestion de l’eau». Pour une approche plus diversifiée, il est également possible de s’orienter vers des solutions collectives comme le fonds (OPCVM) Pictet Water ou l’ETF Amundi MSCI Water, qui offrent une exposition à un large univers de sociétés internationales liées aux enjeux du cycle de l’eau.

Les lecteurs de Momentum, la lettre d’investissement premium quotidienne de Capital sur la Bourse basée sur l’analyse technique et l’analyse financière, ont déjà pu réaliser de gros gains en Bourse sur des actions liées au secteur de l’eau (comme des actions Veolia Environnement) ou un ETF dédié, recommandés à l’achat à de bons timings. Découvrez chaque jour notre anticipation actualisée sur le CAC 40 et plusieurs analyses et recommandations sur des actions en Bourse. En optant pour un abonnement d’un an, 5 mois sont offerts. Pour en profiter, il suffit de cliquer sur le lien ci-après.