Deux ans après un premier plan de sauvetage, Casino doit de nouveau se réorganiser pour réduire sa dette et obtenir des financements supplémentaires. Daniel Kretinsky, principal actionnaire, va entamer dès la semaine prochaine des discussions avec les créanciers du groupe. Une première réunion est prévue lundi prochain, selon les informations de BFM Business ce jeudi 20 novembre. Lors de ces échanges, le groupe exposera ses projections financières et ses besoins jusqu’en 2030. L’objectif principal est de renégocier un prêt de 1,4 milliard d’euros, dont le remboursement est prévu en mars 2027, mais dont les intérêts ont fortement augmenté cette année, atteignant 9%.

Selon nos confrères, Casino souhaite annuler environ deux tiers de cette dette pour la ramener à 500 millions d’euros, avec un report d’échéance jusqu’en 2030. Actuellement, la dette du distributeur s’échange avec une décote de 40%, ce qui la valorise à 840 millions d’euros. Pour convaincre les créanciers d’accepter ce rééchelonnement et cette réduction de dette, Daniel Kretinsky pourrait leur proposer de prendre des parts significatives dans le capital du groupe.

Entre 300 et 400 millions d’euros réinjectés

L’homme d’affaires tchèque, qui détient 54% de Casino, entend toutefois conserver le contrôle du groupe. Son partenaire Fimalac, la holding de Marc Ladreit de Lacharrière, devrait lui céder ses actions pour faciliter cette opération. Par ailleurs, un complément en cash compris entre 100 et 200 millions d’euros pourrait être versé aux créanciers. Daniel Kretinsky prévoit également de réinjecter entre 300 et 400 millions d’euros pour soutenir le groupe, selon plusieurs sources proches du dossier. L’enjeu des négociations consiste à trouver un équilibre entre l’apport en capital, la réduction de la dette, la maîtrise des futurs taux d’intérêt et la compensation accordée aux créanciers, précisent nos confrères.

Pour peser lors des discussions, les principaux créanciers de Casino se sont regroupés en comité. Certains, comme Attestor, détiennent près des deux tiers de la dette du distributeur. L’objectif est de finaliser cette seconde restructuration d’ici la fin du premier semestre 2026. L’accord devra ensuite être validé par le tribunal de commerce, l’administratrice judiciaire Hélène Bourbouloux, qui avait supervisé la première opération, étant chargée de mettre à jour le plan de sauvegarde en vigueur jusqu’en 2027.