
La visite d’Emmanuel Macron en Inde montre une nouvelle fois à quel point les liens sont solides entre les deux pays. «Le partenariat indo-français n'a pas de limites. Il s'étend des profondeurs des océans aux plus hautes montagnes», a même lancé Narendra Modi devant la presse. Il faut dire que l’histoire entre les deux pays est loin d’être nouvelle. Depuis 70 ans, l’Inde est fidèle aux avions de Dassault, en témoignent les 114 Rafale commandés par le ministère de la Défense indien le 12 février dernier, auxquels sont venus s’ajouter 31 Rafale Marine supplémentaires.
Mais le partenariat avec l’Inde ne s’arrête pas à Dassault. Comme l’a appris BFM, CMA-CGM vient de signer une commande de six porte-conteneurs au chantier naval indien Cochin Shipyard. Dans le même temps, l’armateur marseillais va ouvrir un centre de recherche R&D dans le pays, son deuxième aussi important dans le monde. Montant total de la commande : 360 millions de dollars, a annoncé le groupe, avec une livraison prévue entre 2029 et 2031.
Six navires pouvant transporter 1 700 conteneurs
Présent aux côtés d’Emmanuel Macron et du ministre indien des Ports, de la Navigation et des Voies navigables, Shri Shantanu Thakur lors de cette visite en Inde, le PDG de CMA-CGM, Rodolphe Saadé, s’est félicité du «renforcement de la coopération en matière de construction navale avec Cochin Shipyard par la signature de six porte-conteneurs propulsés au gaz naturel liquéfié (GNL)». Alors que l’armateur marseillais dispose déjà de 70 navires, ces six nouvelles unités devraient pouvoir transporter chacune 1 700 conteneurs standard «équivalents vingt pieds».
Quant au centre R&D, il sera basé du côté de Chennai, sur la côte Est du pays. En collaboration avec Capgemini, il sera axé sur «l'intelligence artificielle, des jumeaux numériques et des solutions logistiques innovantes», indique CMA-CGM. C’était un des axes sur lesquels voulait insister Emmanuel Macron lors de cette visite d’Etat. Dans la foulée, Rodolphe Saadé a confirmé que sa société souhaitait renforcer son engagement «dans la fabrication de conteneurs et le recyclage des navires».
CMA-CGM et l’Inde, ce n’est pas non plus une histoire nouvelle. Le groupe maritime y est présent depuis 37 ans et avait pris en 2015 une participation stratégique dans LCL Logistix, un leader de la logistique, via sa filiale CMA-CGM LOG. De son côté, l’Inde veut renforcer son expertise dans le «make in India», forte de ses partenariats avec Dassault donc, mais également Renault qui a renoncé à sa participation dans l’usine de Chennai l'année dernière. Pour CMA-CGM, c’est peut-être aussi l’ouverture d’un nouveau cycle alors que son chiffre d’affaires a reculé de 11%, notamment sous l’effet des droits de douane et du ralentissement du trafic maritime.




















