«Historiques», c'est ainsi que la directrice générale de Veolia Estelle Brachlianoff a qualifié les résultats financiers 2024 de son groupe, dévoilés ce 27 février. Si le chiffre d'affaires du géant mondial de l'eau et des déchets reste globalement stable à 44,7 milliards d'euros, son résultat net atteint désormais 1,5 milliard d'euros. Soit un joli bond de 14,6% par rapport à 2023. Le signe pour la dirigeante que sa stratégie de montée en gamme technologique, menée dans plusieurs métiers du groupe, fonctionne. Nous avions pu le constater en visitant, en Hongrie, son usine high tech de membranes en polymères, destinées au traitement de l'eau.

Avec ses grosses bobines de fibres blanches alignées et ses ateliers de tissage tournant à plein régime 24 heures sur 24, ce site d’Oroszlany, à une heure de route de ­Budapest, ressemble à s’y méprendre à une fabrique de textile. Aucune chemise ni pantalon ne sortent pourtant de cette usine, qui appartient au géant du CAC 40 Veolia. Car ce sont des membranes en polymères que l’on fabrique ici, au rythme de 8 millions de mètres carrés par an. Ces longues tresses creuses partent ensuite équiper les stations d’épuration et de traitement d’eau potable : elles permettent de retenir les plus petits des polluants, comme les microplastiques, les résidus de pesticides ou les perturbateurs endocriniens.

«Cette usine, c’est notre “Hermès” de la membrane, ce qui se fait de mieux en matière de filtration d’eau», vante, en VRP de luxe, la directrice générale Estelle Brachlianoff.

Emblématique, ce site aux 1 600 machines doit aider le groupe, héritier de la Compagnie générale des eaux, à franchir une nouvelle étape de son histoire commencée il y a plus de cent soixante-dix ans. «Nous sommes le numéro un du service de l’eau mais aussi des technologies de l’eau», martèle, en ce mois d’octobre, la dirigeante, au moment de dévoiler une nouvelle offre globale de traitement les PFAS, qui contaminent la précieuse ressource liquide. A elle seule, la lutte contre ces «polluants éternels», accusés d’être cancérogènes, doit permettre à Veolia d’engranger 1 milliard d’euros de revenus annuels en 2030, soit cinq fois plus qu’aujourd’hui.

L'usine d'Oroszlany ressemble à une fabrique de textile avec ses bobines de fils.
L'usine d'Oroszlany ressemble à une fabrique de textile avec ses bobines de fils. © Veolia/Attila Gündüz

80% de son chiffre d'affaires est réalisé hors de France

Oubliez en effet le groupe ronronnant, ami des caciques locaux et seulement préoccupé d’encaisser les royalties promises par ses concessions au long cours : Veolia s’affiche désormais comme «leader mondial des services à l’environnement», en pointe sur toutes les nouvelles technologies de verdissement de la planète.

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