
Le patron de Bouygues, Olivier Roussat, s’est exprimé ce samedi 7 mars sur France Inter sur le dossier délicat du rachat de SFR. En octobre dernier, Bouygues Télécom, Orange et Free (groupe Iliad) ont déposé une offre conjointe pour le rachat de SFR, filiale d’Altice, un projet qui pourrait redessiner profondément le paysage des opérateurs français. Selon Olivier Roussat, Bouygues pourrait obtenir la part la plus importante des actifs si l’opération se concrétisait.
Interrogé sur la possibilité de revoir l’offre initiale de 17 milliards d’euros, le directeur général a préféré rester prudent. «Si d’aventure on fait quelque chose de ce type-là, évidemment on donnera la primeur au vendeur», a-t-il affirmé. «La chose importante, c’est déjà le fait de réussir à rassembler trois acteurs et de trouver un accord sur la façon de pouvoir réaliser cet achat, ce fameux consortium», a-t-il souligné. Et d’ajouter : «Nous avons dans les trois, deux acteurs qui n’étaient pas réputés pour une amitié franche et sincère, donc c’est déjà un exploit.»
«Garder les collaborateurs»
Olivier Roussat a détaillé le processus : l’opération repose sur une «due diligence», c’est-à-dire l’analyse approfondie des comptes et du fonctionnement de l’entreprise. «C’est sur la base des résultats de ces analyses que vous êtes capable ensuite de vous dire ‘bon ok, dans ces conditions, je suis capable de faire une offre à tel ou tel niveau», a-t-il expliqué, précisant que «les analyses sont toujours en cours».
Quant aux inquiétudes sur une éventuelle hausse des forfaits avec la réduction du nombre d’opérateurs, le dirigeant a rappelé que deux conditions sont indispensables pour que «le deal» aboutisse : que l’offre soit jugée satisfaisante par le vendeur et surtout «obtenir le feu vert de l’Autorité de la concurrence», garante d’un marché toujours compétitif.
Le dirigeant a également abordé l’enjeu social du rachat. «Le paradoxe que nous avons n’est pas de savoir comment traiter d’éventuels départs de collaborateurs, c’est comment garder les collaborateurs», a-t-il insisté. Cette question est particulièrement sensible pour les syndicats. La secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, a appelé à lancer rapidement une «négociation tripartite» entre l’Etat, les opérateurs et les organisations syndicales pour anticiper les impacts sur l’emploi.

















