
GiFi passé à deux doigts de la faillite, Casa en redressement judiciaire, Maisons du Monde et Nature & Découvertes à la peine… Le secteur de la déco et de l’ameublement vit une véritable descente aux enfers, laminé par la crise du pouvoir d’achat et écrasé par les bulldozers à gadgets bon marché que sont Shein et Temu. Mais pas de quoi faire peur à Dille & Kamille, cette enseigne néerlandaise d’arts de la table, de bien-être et de cadeaux qui inaugure sa première boutique en France, dans le centre-ville de Nantes (Loire-Atlantique), le mercredi 14 mai. Fondée en 1974 par Freek Kamerling, un avocat et militant opposé à la surproduction, la marque propose un concept à contre-courant du consumérisme effréné. Chez Dille & Kamille, qui compte 52 magasins, dont neuf en Allemagne, 28 aux Pays-Bas et 15 en Belgique, on vend des produits fonctionnels, à base de fibres naturelles, bio, le tout labellisé BCorp depuis 2021 et surtout avec le moins de plastique possible.
Son concept ? «Nous nous adressons à des clients soucieux de l’environnement, à la recherche de durabilité, qui aiment prendre le temps et soin d’eux», nous explique Thierry Arend, responsable de secteur pour Dille & Kamille. Si les articles sont fabriqués dans différentes parties du monde, et notamment au Maghreb, en Europe ou encore au Costa Rica, «les fournisseurs avec qui nous collaborons respectent nos règles BCorp et nous sommes vigilants sur notre impact sociétal. Par exemple, nous travaillons avec des communautés de femmes au Népal», détaille Thierry Arend.
Des ventes en croissance de 7 à 8% par an
Parmi les 3 000 produits, dont le catalogue est identique d’un pays à l’autre, vous pourrez retrouver des emporte-pièces en inox à 1,5 euro l’unité, de l’eau de linge parfumée à la lavande à 6,95 euros les 500ml, un kit de culture d’herbes à thé bio avec trois pots à 17,95 euros, du gel douche eucalyptus et romarin à 8,95 euros les 300 ml, une cuillère en bois de hêtre à 0,95 euro ou encore une nappe en coton bio à 39,95 euros… Autrement dit, des prix totalement abordables, qui se rapprochent de ceux pratiqués chez Zara Home ou Bouchara. «Les bénéfices sont réinvestis dans l’entreprise ce qui nous permet d’avoir une politique tarifaire compétitive», assure Thierry Arend. Réticente à nous communiquer ses résultats 2024, la marque nous assure que ses ventes sont en croissance de 7 à 8% chaque année, à parc de magasins constant.
Lille, Strasbourg ou encore Metz en 2026
L’enseigne se veut en tout cas singulière. «Les produits que nous vendons sont inédits et nous n’avons pas de concurrents directs. Maisons du Monde, Casa et Nature & Découvertes sont très différents de notre positionnement», ajoute Thierry Arend. Seule éventuelle rivale : l’enseigne danoise Søstrene Grene. Si Dille & Kamille semble convaincue de son potentiel en France, elle a cependant décidé de limiter les risques, et d’y tester son concept en franchise, un business modèle encore très peu utilisé par l’enseigne. Aux manettes de cette boutique nantaise : Cécile et Timothée Libersart, un couple séduit par la marque à l’occasion d’un voyage aux Pays-Bas il y a cinq ans. «Dans ce magasin, nous avons investi plusieurs centaines de milliers d’euros et nous n’excluons pas d’en ouvrir d’autres sur la façade ouest», nous explique le franchisé Timothée Libersart. La conquête de l’ouest ne sera qu’un début. De nouvelles boutiques devraient être inaugurées dès 2026 à Lille, Strasbourg, Metz ou encore Nancy. En revanche, Paris n’est pas encore d’actualité, les loyers commerciaux étant beaucoup trop élevés.




















