
Moscou a voulu montrer les muscles. Avant d’être reçu mercredi 20 mai en Chine par son homologue Xi Jinping, Vladimir Poutine a lancé un exercice militaire de grande ampleur destiné, notamment, à entraîner les forces nucléaires de son pays. Une manœuvre militaire qualifiée par certains analystes de stratégique avant son déplacement à Pékin alors que la Russie est en difficulté sur le front ukrainien et a même admis avoir été touchée par 600 drones le week-end dernier. Au programme : trois jours d’exercices militaires et d’entraînement.
Selon le ministère de la Défense russe, «les forces armées de la Fédération de Russie mènent un exercice de préparation et d’utilisation de leur armement nucléaire en cas de menace d’agression». L’exercice a commencé le 19 mai et se termine ce jeudi 21 mai. En marge de cet exercice d’ampleur, la Russie a surtout dévoilé son tout nouveau missile balistique, explique Le Marin. Le «Sarmat» est son tout nouveau missile balistique intercontinental (ICBM) et devrait être disponible dès la fin de l’année 2026, a assuré Moscou.
Un missile d’une portée de 35 000 kilomètres
La particularité de ce missile balistique ? Sa capacité à transporter plusieurs têtes nucléaires. Comme l’indiquait BFM il y a quelques jours, le «Sarmat», appelé «Satan II» par les Occidentaux, accuse un retard de plusieurs années. Dans un premier temps, la Russie avait annoncé sa mise en action en 2022. Il aura fallu attendre finalement quatre ans de plus à cause notamment d’échecs lors de plusieurs essais. Mais pour Vladimir Poutine, son arme est un «système de missiles le plus puissant du monde» et la «puissance totale de son ogive livrée est plus de quatre fois supérieure à celle de n'importe lequel des (engins) analogues occidentaux existants les plus puissants».
D’une portée de 35 000 kilomètres, il pourrait donc atteindre presque n’importe quelle cible sur le globe. En plus des retards liés à sa mise en service, l’annonce de ce missile a été faite à la suite de l’expiration du traité New Start. Il s’agissait du dernier accord bilatéral de désarmement nucléaire liant Russes et Américains. Si le Kremlin est prêt à observer les limites imposées à son arsenal nucléaire, il ne le fera que si les Etats-Unis font de même, a indiqué Sergueï Lavrov. Pour rappel, la Russie a déployé en 2025 l’Orechnik, son missile hypersonique le plus récent à capacité nucléaire.
Selon Moscou, l’exercice militaire de trois jours «ne constitue pas une menace pour la sécurité régionale». Au total, 65 000 militaires et 7 800 types d’équipements et d’armes sont mobilisés, tout comme 200 lanceurs de missiles. Dans ce cadre, des tirs d’essai de missiles balistiques et de croisière sont prévus, a précisé le ministère de la Défense. Il faut y ajouter des sous-marins, des sous-marins nucléaires, des avions et divers navires.




















