Les entreprises chinoises ont trouvé une parade face aux attaques douanières de Donald Trump. D’après les informations de CNBC, relayées par BFM TV, certains exportateurs ont élaboré des stratégies pour contourner les faramineux droits de douane américains. Un véritable système de fraude aux tarifs douaniers, reposant sur des sous-déclarations, aurait ainsi été mis en place. En quoi consiste ce tour de passe-passe ? Certaines entreprises chinoises exportent d’abord sous le régime du «delivered-duty-paid», où c'est au vendeur de s’acquitter des droits de douane.

Ensuite, elles passent par des sociétés écrans, chargées d’assurer le transit, pour sous-évaluer la valeur des biens ou modifier les étiquettes, dans le but de réduire les droits de douane. Ces structures artificiellement créées se présentent alors en tant qu'importateurs officiels, déposent la caution de 50 000 dollars requise, puis disparaissent. Ainsi, ni l'exportateur chinois, ni l'importateur américain ne sont tenus responsables.

«Un secret de polichinelle»

Et cette petite combine semble se propager à une vitesse fulgurante. «C'est un secret de polichinelle dans le secteur», affirme à la chaîne américaine Ash Monga, fondateur et PDG d'Imex Sourcing Services, une société de gestion de la chaîne d'approvisionnement basée à Guangzhou. Un phénomène qui prend de l’ampleur, comme en témoigne le nombre croissant d’annonces sur les réseaux sociaux chinois de sociétés proposant leurs services pour frauder les surtaxes américaines.

D’après les économistes de Goldman Sachs, les droits de douane imposés par Trump lors de son premier mandat auraient entraîné une évasion fiscale estimée entre 110 et 130 milliards de dollars. Parmi ces pertes, 40 milliards de dollars proviendraient de sous-déclarations, 40 milliards de dollars d’erreurs d'étiquetage, et entre 30 à 50 milliards de dollars à des détournements.

Toutefois, les acheteurs américains qui bénéficient de ce type de fraude s’exposent à de lourdes sanctions, même s'ils ignorent les pratiques de leurs fournisseurs. Comme le soulignent nos confrères, ils risquent des poursuites civiles et pénales.