
La consigne : le procédé n’a rien de bien nouveau, mais il pourrait connaître un sérieux coup de neuf. Après les bouteilles en verre pour le lait, les sodas ou l’eau, place en effet à un concept plus moderne, qui ambitionne de s’appliquer à de nombreux autres contenants, comme les barquettes en plastique des salades Florette, les emballages des Pastabox de Sodebo, ou encore ceux des chips Bret’s.
Objectif ? Coller au règlement européen qui prévoit un réemploi de 10% des emballages avant 2030. On en est loin. Aujourd'hui, seulement 2,2% des packagings sont réutilisés… Alors depuis quelques mois, une vingtaine d'articles consignés sont en test dans 19 magasins de la grande distribution (15 Carrefour et 4 Coopérative U), situés dans le nord et l’est de la France.
Une consigne de 30 à 80 centimes
Concrètement, comment ça marche ? Vous achetez un produit consigné. Une fois consommé, vous le déposez dans une borne de collecte de votre choix, installée dans l’un des magasins partenaires. Le montant de la consigne (entre 30 et 80 centimes en fonction du produit) vous sera restitué sous forme de bons d’achat ou directement via un virement sur votre compte bancaire. Les emballages sont ensuite lavés et renvoyés chez les marques qui les réutilisent pour de nouveaux articles - jusqu’à cinq fois pour les emballages plastique et jusqu’à 20 fois pour le verre-. Côté pratique, les marques se sont logiquement mises d'accord pour créer des packagings communs et standardisés afin de faciliter le réemploi.
Pour vous pousser à jouer le jeu, un sticker est apposé sur les packs concernés avec la mention «Rapportez-moi pour réemploi». Mais, pour séduire les foules, les marques ont prévu d’autres incitations. «Les consommateurs sont enclins à protéger l'environnement mais pour les convaincre, il faut leur apporter un avantage», confirme Bertrand Swiderski, directeur développement durable chez Carrefour. Déjà, rassurez-vous, ce geste environnemental ne vous coûtera pas plus cher, mis à part le montant de la consigne. Surtout, les marques ont veillé à développer des emballages plus pratiques. Adieu le triste destin de vos chips réduites en miettes au fond de votre sac dans un paquet écrasé : désormais, elles resteront intactes dans un seau en plastique rigide, facile à ranger et à refermer.
Les consommateurs au rendez-vous
Mais le grand déploiement, c’est pour quand ? Au risque de décevoir, il va falloir attendre encore un peu. Car l’expérience, financée par Citéo (un lobby créé par les entreprises pour réduire l'impact environnemental de leurs emballages) et l’Union européenne, doit encore prouver son efficacité. «C’est un test (d’une durée de 18 mois environ, ndlr) qui va nous permettre de voir ce qui fonctionne et d’identifier les obstacles afin de trouver une solution parfaite», explique Sylvie Vaissaire, directrice qualité, sécurité, sociétal et environnement chez U. Les débuts sont toutefois prometteurs. «Dans les magasins U partenaires, nous avons en moyenne 15% de retour pour les seaux de chips et 21% pour le fromage blanc», ajoute-t-elle. Objectif : atteindre les 100% et convaincre davantage de marques de participer à l’expérience.
Vous voulez faire le test ? Voici la liste des magasins Carrefour et U, partenaires de l’opération :
Super U Grand Fort Philippe (59), Super U La Madeleine (59), Super U Merville (59), Super U Thourotte (60), Carrefour Market Manom (57), Carrefour Market Scheibenhard (67), Carrefour Market Ennery (57), Carrefour Market Vouziers (08), Carrefour Market Fraize (88), Carrefour Market Vittel (88), Carrefour Market Rettel Sierck (57), Carrefour Market Yutz (57), Carrefour Market Audun-le-Tiche (57), Carrefour Besançon Valentin (25), Carrefour Besançon Chalezeule (25), Carrefour Quetigny (21), Carrefour Dijon Toison d'Or (21), Carrefour Epinal (88), Carrefour Mulhouse (68).



















