C’est une annonce qui a suscité une vive réaction jusqu’au plus haut sommet de l’État. En effet, après avoir passé plusieurs années en tant que responsable scientifique de l’intelligence artificielle (IA) chez Meta, le chercheur français Yann Le Cun a annoncé son départ de la société de Mark Zuckerberg. Désormais, celui qui est considéré comme l’un des parrains de l’IA a décidé de fonder sa propre start-up qui sera directement basée à Paris.

Un retour en France qui a suscité la joie d’Emmanuel Macron, qui n’a pas hésité à faire part au micro de BFMTV de sa «grande fierté» depuis le forum économique mondial de Davos. «Il connaît la France, on est simplement très fiers. On va tout faire pour qu’il réussisse depuis la France», a indiqué le président de la République. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le chef de l’État ne manque pas d’éloges à l’égard de Yann Le Cun, qui est selon lui «une sommité, qui est prix Turing» mais également l’un des «génies» de Meta.

Emmanuel Macron assure ne pas être intervenu pour convaincre Yann Le Cun

S’il a également tenu à assurer ne pas être intervenu pour convaincre Yann Le Cun de venir s’implanter dans l’Hexagone, Emmanuel Macron s’est dans le même temps réjoui du virage opéré depuis un an par la France en matière d’IA. Il a ainsi notamment rappelé la création de data-centers ou la disponibilité de l’énergie bas carbone. «On est au bon rythme, on forme des talents, on a des entreprises dans les compartiments du jeu», a-t-il encore précisé tout en estimant que l’IA représentait aujourd’hui «un levier pour attirer et avoir plus de productivité».

Alors que l’industrie mondiale mise de plus en plus sur l’IA, la start-up de Yann Le Cun, Advanced Machine Intelligence (AMI Labs), va travailler sur un tout nouveau type d’IA appelé «world model». En janvier dernier, le chercheur français avait d'ailleurs fait part auprès du Financial Times de ses désaccords stratégiques chez Meta qui avaient précipité son départ. «Nous avions plein de nouvelles idées et des trucs vraiment géniaux qu’ils auraient dû mettre en œuvre, mais ils se contentaient de solutions éprouvées et sans risques», avait-il expliqué, tout en précisant qu’en agissant de la sorte «on prend du retard».