La crise du secteur du prêt-à-porter fait une nouvelle victime. L’enseigne IKKS a été placée en redressement judiciaire, selon une information des Echos confirmée ce vendredi 3 octobre par l’AFP. Plus de 1 000 emplois sont désormais menacés dans l’Hexagone. En cessation de paiements, la marque avait déjà bénéficié en 2024 d’un effacement partiel de ses dettes et d’une injection de liquidités de la part de ses investisseurs. Mais ce jeudi, le tribunal des activités économiques de Paris a placé la société en redressement judiciaire et a ouvert une période d’observation jusqu’en avril 2026, limitée aux activités françaises.

Fondée en 1987, IKKS est une enseigne de prêt-à-porter haut de gamme pour femmes, hommes et enfants, avec un «ADN Rock», avait précisé son président à l’AFP en juin 2024. Avec ses marques I.Code, One Step et IKKS, le groupe compte 600 points de vente et 1 500 collaborateurs dans le monde, selon la même source. En février 2024, un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) avait été annoncé, prévoyant la suppression de 202 postes sur 1 328 en France, ainsi que la fermeture de 77 magasins et corners sur 604, dans un contexte général de morosité pour le prêt-à-porter.

Le secteur du prêt-à-porter à bout de souffle

«La conjonction de divers facteurs externes tels que la crise sanitaire mondiale due au Covid-19, les conséquences de la guerre en Ukraine où le groupe était fortement implanté, ainsi qu’une inflation persistante, ont fortement impacté l’ensemble du secteur», avait expliqué l’entreprise. Finalement, 140 emplois avaient été supprimés car «le jeu du reclassement» avait permis d’en sauver environ soixante, avait révélé Ludovic Manzon, président du groupe, à l’AFP. Selon une source proche du dossier, 30 millions d’euros auraient été débloqués pour soutenir la marque vers une reprise de rentabilité.

IKKS rejoint ainsi la liste déjà longue des enseignes françaises en difficulté, comme Camaïeu, Kookaï, Gap France, Jennyfer, André, San Marina, Minelli, Comptoir des Cotonniers, Princesse Tam Tam ou Kaporal. Ces marques emblématiques des centres-villes souffrent d’un cocktail explosif : pandémie, inflation, hausse des coûts de l’énergie, des matières premières, des loyers et des salaires, ainsi que la montée en puissance de la seconde main et de la fast fashion incarnée par le géant chinois Shein.