
«Nous sommes pris en étau», alerte Frédéric Gauchet, président de l'association France Chimie, qui représente 4000 entreprises françaises. Face aux tensions commerciales entre les géants américain et chinois, les industriels redoutent une vague de dumping sans précédent, relaie Sud-Ouest. Avec les barrières douanières mises en place par Washington et Pékin, les flux de produits chimiques pourraient en effet brutalement se réorienter vers l’Europe. Mais avec des prix cassés, voire des ventes à perte, qui risquent d’étrangler une grande partie des usines européennes. France Chimie estime que 150 000 à 200 000 emplois sont menacés à l’échelle de l’UE, dont jusqu’à 20 000 en France.
Déjà affaiblie par «des coûts de l'énergie plus élevés en Europe», «les surcapacités mondiales» et «une fiscalité défavorable», poursuit Frédéric Gauchet, la chimie européenne pourrait avoir le plus grand mal à s'en relever. Particulièrement menacée, la chimie dite «amont», qui comprend les produits de base comme l’acide nitrique. «Il est possible qu’il n’y ait plus du tout de production d’acide nitrique en Europe si on ne fait rien», alerte le président de l'association. Car la Chine, avec ses usines dernière génération, ses coûts imbattables et un approvisionnement facilité par la guerre en Ukraine, inonde le marché.
L'UE applique seulement 3% de droits de douane sur les produits chimiques
Mais la Chine n’est pas le seul pays à pratiquer cette concurrence déloyale : les États-Unis et l’Égypte sont aussi visés par des procédures antidumping ouvertes par Bruxelles, sur le plastique PVC. Dans cette guerre des douanes, d'après les calculs de l'association, 10 à 20 milliards d’euros de produits chinois et jusqu’à 10 milliards côté Etats-Unis pourraient déferler en Europe. Pour rappel, l'industrie chimique couvre des secteurs allant des produits parapétroliers à la pharmacie. L'Union européenne n'applique que 3% de droits de douane sur les produits chimiques.


















