C’est une décision radicale qu’a prise le cofondateur de la marque de glace Ben & Jerry’s, Jerry Greenfield. Le 17 septembre, le chef d’entreprise a annoncé sa démission, selon 20Minutes. La raison : des désaccords de fond sur le plan des valeurs entrepreneuriales, avec la maison mère de la marque, Unilever. En effet, la marque avait été vendue à Unilever en 2000. Jerry Greenfield a expliqué avoir «le cœur brisé» par cette décision, dans son annonce de démission faite sur X, par l’autre cofondateur de la marque Ben Cohen.

Depuis sa création, l’entreprise a toujours revendiqué des valeurs identiques : le respect des droits humains, la protection de l’environnement et la lutte contre les inégalités. D’ailleurs, lorsque Unilever a racheté la marque de glace, celle-ci avait ouvertement dit se réserver le droit de «préserver son intégrité», en conservant son propre conseil d’administration, indépendant.

Des relations marquées par des tensions

Depuis quelques semaines, la maison mère est en train de restructurer son pôle glaces, en le groupant sous le nom de «The Magnum Ice-Cream Company». L’entreprise sera cotée principalement aux Pays-Bas, et le siège social sera situé à Amsterdam. Une entreprise traversée par des tensions depuis plusieurs années maintenant. Selon Jerry Greenfield, l’entreprise a été «réduite au silence» pour ne pas déplaire à Donald Trump, dans un contexte politique où l’administration américaine «s’attaque aux droits civiques, au droit de vote, aux droits des immigrants, des femmes et de la communauté LGBTQ», selon le cofondateur. Pour lui, l’indépendance conservée par l’entreprise jusque récemment n’existe plus, et c’est la raison pour laquelle il démissionne.

Ces derniers mois, les relations d’Unilever et de Ben & Jerry’s sont loin d’être au beau fixe. Sur les questions politiques, les deux parties sont en désaccord profond. Par ailleurs, la marque de glace est connue depuis plusieurs années pour son militantisme politique. En mai dernier, Ben Cohen s’était illustré en étant expulsé d’une audition parlementaire, à Washington, pour avoir dénoncé le soutien des États-Unis à Israël dans son conflit avec Gaza. En 2022, elle avait tenté de dissuader Unilever de vendre des glaces en Cisjordanie, en raison de la politique israélienne sur ces territoires. La semaine dernière, les deux cofondateurs avaient expressément demandé, dans une lettre ouverte, à ce que la marque retrouve une indépendance. Mais cette demande a été refusée par Unilever.