Une vente de grande envergure ? Initialement, Unilever envisageait plutôt la scission de son pôle glaces, moins porteur que ses activités d’hygiène, d’entretien, de nutrition et de beauté. Mais le géant anglo-néerlandais semble avoir changé son fusil d’épaule. En effet, selon Bloomberg, ce dernier serait désormais prêt à vendre cette activité avec les marques Magnum, Ben & Jerry’s ou Wall’s.

Il aurait déjà amorcé des discussions avec des fonds d’investissement afin de céder cette division qui pèse pas moins de 7,9 milliards d’euros de chiffre d’affaires, soit 13 % de son activité. Les fonds Advent, Cinven, CVC et KKR seraient notamment intéressés pour reprendre la main. Unilever en attendrait 15 milliards de livres (18,8 milliards d’euros), soit un peu moins de 2,5 fois le chiffre d’affaires du pôle.

Se recentrer sur les rayons non alimentaires

Pour expliquer ce revirement de situation, Unilever a déclaré que ses marques particulièrement puissantes sont désormais moins en adéquation avec les tendances de consommation favorables au «manger mieux». Et ce, alors que le groupe est le leader mondial sur ce marché. Les derniers chiffres se révèlent très loin des attentes : le rythme de croissance est limité à 2,2 % en 2023 et la marge opérationnelle sous-jacente est de 10,8 %, ce qui classe la division en queue de peloton des performances financières du groupe. La cession du pôle glaces recentrerait nettement le groupe sur les rayons non alimentaires, qui pèseraient alors près de 80 % du chiffre d’affaires. Il est notamment réputé pour ses marques Dove, Rexona ou encore Omo.

Si rien ne présage de l’issue des négociations, Unilever connaît déjà très bien plusieurs de ces fonds américains comme KKR. En effet, le groupe lui avait cédé en 2017 ses marques de margarine, pour une somme se rapprochant des 7 milliards d’euros. De même, le fonds CVC Capital Partners a déjà eu affaire au géant anglo-néerlandais. Celui-ci avait cédé ses thés Lipton, Taz et Pukka Herbs pour 4,5 milliards d’euros, en 2021.