
Depuis le mercredi 13 mai, Donald Trump est en visite en Chine, la première d’un président américain depuis 2017 - au cours du premier mandat du milliardaire. Un timing qui n’a rien du hasard puisque sur la scène internationale, la crédibilité des États-Unis est entachée de part leur guerre menée en Iran, pays partenaire de la Chine.
Plus qu’une visite diplomatique, Donald Trump est venu à Pékin pour relancer le commerce chinois vers les Etats-Unis. Et à la table des négociations, le président américain pourrait ajouter au menu le sujet des terres rares, en particulier le gallium, matériau stratégique pour des nombreuses productions en matière de Défense et utilisé dans les semi-conducteurs. En effet, la Chine concentre la majorité des réserves mondiales de terres rares, dominant l’extraction des minerais et possédant un quasi-monopole sur le raffinage.
Un besoin urgent dans leur campagne aérienne contre l’Iran
Au cours de leur conflit mené au Moyen-Orient, les Américains sont particulièrement gourmands en munitions. Ainsi, leur besoin en gallium pourrait exploser en vue de reconstituer leurs stocks. «En quarante jours, près de 19.000 sorties et quelque 24.000 frappes» ont été opérées par les Etats-Unis et Israël sur l’Iran, relève l’Ifri (Institut français des relations internationales) dans une étude analysant la campagne Roaring Lion/Epic Fury. «Un total de 850 Tomahawks a été tiré en quatre semaines de campagne aérienne», soit un quart de l’inventaire total des États-Unis, poursuit l’étude.
Une situation qui va à coup sûr laisser les Etats-Unis «démunis face à certains scénarios de crise ailleurs dans le monde», présage l’Ifri, notamment en cas d’invasion de Taïwan par la Chine. Mais dans ce cas, pourquoi la Chine va accepter les potentielles demandes en gallium de Donald Trump ? Car en retour, elle pourrait utiliser les terres rares afin d’obtenir du président américain «un allègement des droits de douane ou un gel de certains contrôles à l’exportation», a écrit dans une note Ting Lu, économiste chez Nomura. En décembre 2024, la Chine avait d’ailleurs restreint les exportations de plusieurs métaux rares vers les Etats-Unis, dont le gallium, en plein bras de fer tarifaire !


















