Comment espérer gagner de l’argent même lorsque les actions baissent, en Bourse ? En ayant recours aux stratégies long-short, en Bourse. Elles consistent à acheter des actions d’entreprises de très grande qualité, en forte croissance et possédant des avantages compétitifs durables, tout en vendant à découvert des actions d’entreprises surévaluées dont le modèle d’affaires piétine ou se détériore. Les ventes à découvert reposent sur un pari : vendre une action aujourd’hui dans l’espoir de la racheter moins cher plus tard.

C’est ce qui a fait le succès de la stratégie « Tiger » inventée par Julian Robertson dans les années 1980-1990. En Bourse, c’est la gestion long-short la plus connue de l’histoire contemporaine. L’un des principaux faits d'armes de ce gérant est d’avoir acheté Coca-Cola, qui affiche historiquement une rentabilité élevée et est une marque mondiale extrêmement puissante, et vendu le fabricant de tabac RJR Nabisco, alors très endetté.

En Bourse, les stratégies long-short peuvent rapporter gros… mais nécessitent une vraie expertise et de bien connaître les entreprises

Ces stratégies peuvent sembler simples au premier abord. Pas tant que cela. Il faut bien connaître les entreprises, rencontrer régulièrement leurs dirigeants, analyser leurs comptes dans le détail et surtout comprendre les grandes tendances structurelles à l’œuvre dans l’économie mondiale. C’est la vraie clé du succès : identifier les gagnants de long terme avant le marché et vendre à découvert les sociétés condamnées à perdre progressivement leur avantage compétitif.

Robertson ne se contentait pas d’observer les chiffres. Il cherchait à comprendre les dynamiques profondes : l’évolution des habitudes de consommation, les changements réglementaires, les innovations technologiques ou encore les transformations géopolitiques. C’est cette vision globale qui a fait de lui l’un des investisseurs les plus influents de sa génération et qui a inspiré toute une vague de gérants surnommés plus tard les «Tiger Cubs» - d’anciens collaborateurs ayant créé leurs propres fonds avec des approches similaires. Cette approche a permis à la stratégie «Tiger» d’enregistrer une performance annualisée allant jusqu’à 30% hors frais de gestion pendant ses années de gloire.

Générer de la performance grâce à une bonne sélection d’actions en Bourse

Robertson était-il un génie de la finance ? Il était doué, c’est certain. Mais il faut rendre à César ce qui est à César. C’est le sociologue et journaliste Alfred Winslow Jones qui a eu le premier l’intuition géniale d’acheter des actions tout en en vendant d’autres à découvert dès les années 1940. Il est le vrai père des stratégies «long-short». À l’époque, la plupart des investisseurs misaient simplement sur la hausse des marchés actions. Tant que les indices montaient, tout allait bien. Mais lorsque les marchés corrigeaient brutalement, les pertes pouvaient être considérables. Jones introduit alors un changement radical dans la manière de penser l’investissement.

Ce qui compte n’est plus seulement de savoir si le marché monte ou descend, mais la différence de performance entre les positions acheteuses et vendeuses. En d’autres termes, la capacité du gérant à identifier les entreprises qui vont surperformer et celles qui risquent, au contraire, de décevoir. Du lancement de son fonds en Bourse en 1949 jusqu’au début des années 1960, Jones reste relativement sous les radars. Mais un article de Forbes faisant l’éloge de sa stratégie, capable de neutraliser partiellement les mouvements du marché, va lui permettre d’accéder à la postérité. Son idée était révolutionnaire : protéger le portefeuille contre les grands mouvements de marché tout en cherchant à générer de l’alpha grâce à la sélection des titres.

Une demande en forte hausse pour les stratégies long-short sur actions, en Bourse, depuis quelques années

Depuis, Jones et Robertson ont fait des émules. L’idée centrale est restée la même : avec le long-short, profiter des hausses comme des baisses de la Bourse tout en amortissant les périodes de turbulence. Mais de nombreuses subtilités ont été introduites au fil des décennies. Certains fonds sont plus ou moins concentrés par géographie ou par secteur. D’autres privilégient les valeurs technologiques, les entreprises industrielles ou encore la santé.

Les fonds les plus concentrés, avec peu de lignes en portefeuille, peuvent en général générer davantage d’alpha, mais ils sont aussi souvent plus risqués en contrepartie. C’est logique : lorsque les convictions sont fortes, les performances peuvent être excellentes, mais les erreurs d’analyse coûtent également plus cher. À l’inverse, des portefeuilles plus diversifiés cherchent davantage la stabilité.

D’autres fonds, dits «market neutral», cherchent à supprimer presque totalement l’influence des marchés afin de générer une performance purement liée à la sélection des titres. L’objectif est alors d’obtenir des rendements relativement stables, indépendamment des fluctuations des indices boursiers. Enfin, certains gérants pratiquent des «pair trades» consistant à acheter une entreprise tout en vendant un concurrent du même secteur afin de neutraliser le risque sectoriel. Le pari porte alors uniquement sur l’écart de performance entre les deux sociétés.

Peu importe l’approche retenue, ces stratégies ont toutes un point commun : elles cherchent à être relativement décorrélées des marchés traditionnels d’actions et d’obligations. C’est précisément ce qui explique leur intérêt et une demande croissante de la part des épargnants dans un environnement devenu plus instable et imprévisible. Elles ont d’ailleurs globalement bien résisté pendant les récentes turbulences des marchés, qu’il s’agisse de la crise du Covid, du «Liberation Day» de Donald Trump ou encore, plus récemment, des tensions géopolitiques liées à la guerre en Iran.

Acheter des compagnies pétrolières américaines tout en vendant à découvert des compagnies aériennes européennes constituait par exemple un trade gagnant ces derniers mois dans le contexte de flambée des prix de l’énergie, en particulier du kérosène. Les premières profitaient directement de la hausse des prix du pétrole tandis que les secondes subissaient une explosion de leurs coûts opérationnels.

Les stratégies long-short ont parfaitement leur place dans une allocation équilibrée, en Bourse

Avec la recrudescence des tensions géopolitiques, l’essor du trading algorithmique et les regains soudains de volatilité qui deviennent de plus en plus fréquents, les stratégies long-short ont parfaitement leur place dans une allocation équilibrée. Diversifier reste le mantra de base en investissement. Mais diversifier ne signifie pas uniquement répartir son capital entre plusieurs actions ou plusieurs obligations. Cela implique aussi de détenir des actifs capables d’évoluer différemment du reste du portefeuille.

Il peut s’agir de l’immobilier, des métaux précieux, de certaines matières premières, mais aussi des stratégies long-short qui remplissent précisément ce rôle. Dans un monde où les marchés peuvent changer brutalement de direction en quelques jours sous l’effet d’un choc économique ou géopolitique, disposer de stratégies plus flexibles et moins dépendantes de la tendance générale des marchés devient un véritable atout pour les investisseurs de long terme.

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