Nuit et jour, son portable n’arrête pas de sonner. Ron Hubbard, un Texan de 63 ans, n’en revient pas. “Depuis le début de la guerre en Iran, on reçoit des appels du monde entier. Je dirais que ça représente plus d’une centaine de prises de contact par jour. C’est dingue!”, confie-t-il à Capital depuis son usine située au nord-est de Dallas. Ce spécialiste du secteur de la construction depuis vingt ans, casquette MAGA (Make America Great Again) vissée sur la tête, n’aurait jamais imaginé que Donald Trump lui amène autant de potentiels clients.

Son entreprise, Atlas Survival Shelters, venait tout juste d’ouvrir une antenne à Dubaï fin février lorsque les frappes aériennes américaines ont débuté dans la région. “Nous sommes les leaders de la construction d’abris antibombes de luxe. Certaines de nos réalisations dépassent plusieurs millions d’euros. Mais pour un petit abri comme celui que j’ai dans mon jardin, ça commence à 25 000 dollars”, indique Ron Hubbard.

Ce qui fait la différence sur les prix, c’est la durée de survie"

Parmi ses clients les plus prestigieux figurent notamment Mark Zuckerberg, le patron de Meta, et Kim Kardashian, la star de la téléréalité. “Ce qui fait la différence sur les prix, au-delà de l’équipement intérieur, c’est la durée potentielle de survie qu'offre l'abri. En entrée de gamme, quatre personnes peuvent y rester jusqu’à une semaine. Si vous préparez la fin du monde, vous pourrez survivre des années dans les modèles haut de gamme”, anticipe le patron américain, qui a sorti ses premiers “bunkers” il y a une quinzaine d’années déjà, avant de se spécialiser dans le nucléaire depuis cinq ans environ.

Pour la production, les équipes d’Atlas Survival Shelters utilisent soit du béton coulé sur site dans une excavation de deux à trois mètres, soit du métal formant des modules hermétiques ressemblant à des conteneurs. “Depuis notre usine, nous pouvons livrer partout dans le monde, mais vu les volumes commandés, nous travaillons aussi avec des partenaires locaux”, détaille Ron Hubbard.

Déjà 2 abris construits près de Nice

L’entrepreneur dispose déjà d’un site en Pologne pour servir ses clients européens et prospecte en Turquie pour adresser le marché du Moyen-Orient. “Nous avons déjà construit deux abris antinucléaires en France, près de Nice, nous indique-t-il, mais notre capacité de production actuelle reste limitée à 10 à 20 abris par an. Il faut entre trois et douze mois pour sortir un modèle en fonction de la personnalisation demandée par le client.”

Pour les Européens curieux, Ron Hubbard était à Monaco début avril afin d'y rencontrer de potentiels investisseurs. Il s’est ainsi entretenu avec des Suisses et des Luxembourgeois, les plus intéressés à l’idée de financer son activité. “Nous étudions une possible introduction en Bourse pour cette année. La valorisation de l’entreprise pourrait atteindre de 500 à 800 millions de dollars”, souffle un conseiller financier du businessman américain. Pour Ron Hubbard, la guerre au Moyen-Orient devrait constituer un sacré booster…