Calmer la grogne, renouer le dialogue et avancer. Telle est la mission de Bernard Fontana, le nouveau PDG d’EDF, qui vient tout juste de prendre son poste. Un nouveau rôle de pacificateur qu’il entend endosser après l’éviction de son prédécesseur, Luc Rémont, avant même la fin de son mandat. Dans une interview accordée aux Echos, et relayée par BFMTV, le nouveau patron de l’énergéticien français confirme qu’il souhaite conclure les nouveaux contrats afin de respecter l’accord entre EDF et l’Etat.

Il faut dire que de nombreux industriels avaient été échaudés ces derniers mois par les nouveaux contrats à long terme qui pourraient à terme les rendre moins compétitifs, craignaient-ils. En effet, comme l’avait expliqué Capital, dès cette année, EDF doit mettre aux enchères son énergie nucléaire en Europe, un mécanisme qui doit remplacer l’Arenh et qui était favorable aux entreprises. De quoi les crisper, alors que l’Etat a pressé l’énergéticien à finaliser l’obtention de contrats de long terme, les contrats d’allocation de production nucléaire (CAPN).

Des tarifs en baisse de 34%

Rappelant qu’EDF avait «un rôle central à jouer pour assurer la souveraineté industrielle et énergétique de la France», Bernard Fontana assure dans Les Echos avoir demandé à ses équipes de «rechercher des marges de manœuvre pour débloquer les discussions avec les industriels». Et le message doit être simple : «On comprend vos enjeux, vos besoins et on travaille ensemble.»

Alors que les Français «disposent de l'électricité parmi la moins chère du monde», indique le patron d’EDF, «la crise est derrière nous», précise-t-il avec notamment un recul des tarifs de 34% depuis un an et demi. Sur le sujet des contrats à long terme, Bernard Fontana explique avoir «identifié des marges de manœuvre possibles sur l'avance en tête, le partage des risques ou encore les prix de certains éléments de l'offre».

Ainsi, plutôt que de demander un paiement à la signature, l’idée de «lisser» les acomptes dans le temps est évoquée. Alors que le mécanisme de l’Arenh prend fin le 31 décembre 2025, le temps presse pour trouver des accords. EDF se donne jusqu’à «l'été pour signer de nouveaux contrats avec les industriels électro-intensifs», indique Bernard Fontana dans Les Echos. De quoi rassurer les clients industriels électro-intensifs ?