
Cocorico. L’électricité française est plus productive que celle produite outre-Atlantique par les Américains. C’est en tout cas ce qu’a tenu à affirmer ce mardi 22 avril Luc Rémont, le PDG d’EDF. Alors que les industriels, qui sont aujourd’hui les plus gros consommateurs d’énergie, continuent de se plaindre de tarifs trop élevés, Luc Rémont a estimé que ce sont ces derniers qui participent à la mauvaise compétitivité économique du pays, rapporte 20 Minutes. «L’électricité, je garantis qu’elle est la plus compétitive en Europe aujourd’hui et que vis-à-vis des États-Unis […] aujourd’hui, à l’exemption de deux ou trois États, mais demain sur tous les États américains, notre électricité sera plus compétitive», a-t-il martelé.
Auditionné par la commission d’enquête au Sénat sur les aides publiques aux grandes entreprises présidée par le sénateur LR Olivier Rietmann, Luc Rémont s’apprête pourtant à quitter ses fonctions d’ici deux semaines. Poussé par la sortie en mars dernier, il sera remplacé le 5 mai à son poste par Bernard Fontana, le directeur général de Framatome. Cette nomination, décidée par l’Élysée, doit mettre fin à plusieurs mois de tensions entre EDF et les industriels. Très gourmands en électricité pour leurs activités, ces derniers, qui négocient avec l’entreprise de fourniture d’électricité des contrats à long terme, lui reprochaient en effet des prix trop élevés pour pouvoir assurer leur compétitivité.
60 euros le MWh
Face à ces revendications de la part des industriels, Luc Rémont a tenu à être clair pour justifier les tarifs actuels. Avec un prix du mégawattheure (MWh) sur les marchés du gros pour 2026 qui se situe autour des 60 euros, ce seuil est aujourd’hui à peine suffisant pour permettre de couvrir les coûts de production du parc nucléaire en France. Ainsi, pour le PDG, ce n’est pas à EDF de «compenser» avec ses prix, la hausse du prix du gaz qui est le plus souvent importé en Europe de Russie, de Norvège ou encore des États-Unis.
«On ne va pas se mettre à subventionner des industriels français qui sont à 90 % au gaz pour certains», a-t-il lancé devant la commission, et ce, au risque de se voir accusé de position dominante par les autorités de la concurrence. Si selon, lui, ce débat autour des prix de l’électricité ne concerne qu’«un tout petit nombre d’entreprises» qui attendent qu’EDF ne subventionne leur transition énergétique par ses prix, reste que le changement de dirigeant ne changera pas la donne. «Ça ne sera pas le cas. Ils peuvent l’imaginer même avec un autre PDG, ce ne sera pas le cas», a-t-il mis en garde.


















