Pour succéder à Luc Rémont aux commandes d’EDF, le choix de l’Elysée s'est porté sur Bernard Fontana. Ce polytechnicien de 64 ans est l’actuel patron de Framatome et est membre du comité exécutif d’EDF. Il est également administrateur du groupe d’électronique de défense Thales. Après avoir commencé sa carrière en 1987 au sein de la Société nationale des poudres et des explosifs (SNPE), cet ingénieur de l’armement a rejoint l’aciériste Arcelor, avant de prendre la tête de sa filiale d’inox, Aperam, indique Le Monde.

En 2012, Bernard Fontana devient directeur général du cimentier suisse Holcim. Puis ce n’est qu’en 2015 que l'industriel s’oriente ensuite vers le secteur de l’énergie en prenant les rênes d’Areva NP (rebaptisée depuis «Framatome»). Il débute chez EDF en 2018 lorsque l’énergéticien prend 75% de l’entreprise de chaudières nucléaires. Si sa nomination est validée par le Parlement, Bernard Fontana héritera de dossiers brûlants, qu’ils soient industriels, financiers ou politiques, comme le soulignent Les Echos.

Accélérer la finalisation des EPR2

Le futur PDG aura tout d’abord pour mission d’accélérer la finalisation du design des futurs réacteurs EPR2, qui doivent être moins coûteux que l'EPR actuel, expliquent nos confrères. Une tâche périlleuse car l’État demande à l'électricien un «chiffrage engageant» sur le coût du programme, alors que le devis prévisionnel a grimpé de 30% en un an, à 67 milliards d'euros. Une décision finale d'investissement de la part d'EDF est attendue en 2026.

Bernard Fontana devra également faire face à un double défi : celui de défendre à la fois EDF et l’industrie française. En même temps que rassurer l'Etat sur le chantier du nouveau nucléaire, le dirigeant de l’entreprise publique devra rassurer sur la volonté d'EDF de fournir au tissu industriel français une électricité au meilleur prix. Un véritable casse-tête à résoudre notamment concernant les contrats de fourniture à long terme d'électricité nucléaire, baptisés «contrats d'allocation de production nucléaire».

Le statut flou d’EDF

Autre question sensible : le statut d’EDF. Car, comme le rappellent Les Echos, bien que nationalisé à 100% depuis 2023, EDF reste une société anonyme. «La gouvernance entre l'entreprise et l'Etat est un des problèmes majeurs. Certes, l'Etat est actionnaire à 100 % et peut faire ce qu'il veut, mais EDF n'est pas un établissement public», confie au journal économique une source proche d'EDF. Le nouveau patron devra donc clarifier le rôle du groupe que l’exécutif envisage en bras armé de la réindustrialisation.

Enfin, Bernard Fontana sera confronté à l’épineux dossier du nucléaire britannique. EDF enregistre d’importants retards sur le chantier de la paire de réacteurs nucléaires EPR d'Hinkley Point, alors que la rentabilité du projet baisse. En outre, la facture de son projet nucléaire de Sizewell aurait été multipliée par 2, à 40 milliards de livres (47,6 milliards d'euros) depuis son lancement, selon le Financial Times. Quatre défis de taille s'annoncent donc pour le nouveau patron d'EDF.